L’urgence d’une éducation gratuite

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Les pauvres payent chère leur éducation et les riches l’on gratuitement. Voilà un paradoxe qui ne fait pas scandale du fait d’une certaine méconnaissance des réalités par les Africains. En effet comment comprendre que tous les pays riches qui prétendent se battre pour notre bien être en nous offrant la démocratie et la mort au bout des missiles et des kalachnikov peuvent-ils offrir l’éducation publique à leurs populations gratuitement et nous, dits  pauvres, devons-nous esquinter pour l’avoir ?

Non, ce n’est pas possible ! L’école publique, de la SIL à l’Université, est gratuite en France, USA, Royaume Uni, Allemagne, Chine, Russie, Canada, Norvège, Finlande, etc. et ce sont les parents Camerounais, Ivoiriens, Sénégalais, Congolais, Centrafricains, Burkinabès, Maliens, etc. qui doivent tout vendre pour payer l’école à leurs enfants. Les meilleurs après tous ces sacrifices doivent aller mettre ces compétences au service des riches, abandonnant leurs pays à ceux qui ont accepté de côtoyer la pauvreté imposée par le centre. Nous parlions tantôt de paradoxe, mais il s’agit de l’appréhender dans un sens purement rhétorique. Les raisons de cet état de chose étant bien connues.

Ce qui n’est jamais dit, c’est que tout le monde s’éduque pour servir son pays. Et finalement, éduqué ou pas, chaque citoyen est au service de son pays. Qu’il soit ballam sallam ou fonctionnaire. Chacun contribue à faire fonctionner le pays. Nul n’apportant plus qu’un autre. Les  métiers constituent les maillons d’une chaîne. Si le paysan ne produit pas son régime de plantain, le policier n’aura rien à la fin de la journée pour manger. La vendeuse de beignets et le transporteur sont tous au service de la nation. Chacun a certes de l’argent qui rentre dans les poches, faisant croire au non averti qu’il s’agit d’un gain personnel. Que non. Le fonctionnaire a un salaire et le fruit de la vente des beignets est aussi le salaire de la mémé du coin. Ce salaire étant le fruit du service rendu à la nation, permet à chacun de se procurer de quoi se vêtir, se nourrir et se divertir. Quand tous ces acteurs sont bien formés, savoir-faire et savoir vivre, alors, vous pouvez aspirer à la prospérité. Un cordonnier qui connait la notion de symétrie ne fabriquera pas une chaussure comme un autre qui n’en sait rien. Un agriculteur qui connait la composition d’un engrais est plus profitable à la nation qu’un qui n’en sait rien, etc. C’est cette necessité d’une bonne éducation des citoyens qui a fait qu’elle soit rendue gratuite et à ce titre, devient un devoir régalien de l’Etat. Il en va de même des autres services sociaux gratuits chez les riches. L’Occident doit en réalité sa relative paix sociale à la gratuité des services sociaux.

Ainsi, des enfants qui ont grandi ensemble dans un pays où l’Etat a pris en main ces charges se sentent redevables vis-à-vis de la nation. De là nait le patriotisme, l’amour de la patrie tant recherché sous les tropiques où le colon a savamment organisé l’égoïsme et l’individualisme en laissant à chacun le soin de sa progéniture. Que devons-nous attendre d’un enfant dont les parents se sont pliés en quatre pour son éducation ? Le repli sur soi, question de ‘’rembourser’’ ce que les parents ont investi. Comment dès lors parler de patrie ? Pour bien réussir leurs missions d’asservissement, le pouvoir naturel de battre monnaie pour offrir ces services, a été confisqué à certains et les banques commerciales étrangères se se imposées à ceux dont le pouvoir monétaire était acquis. Ils se retrouvent tous à la case départ, avec ou sans monnaie, pas de développement.

L’éducation qui a aussi pour rôle de créer un nivellement social, ouvrant la voie à une mobilité sociale, c’est-à-dire donnant les mêmes chances au fils du paysan et du riche d’avoir une égale opportunité d’emploi, devient sous les tropiques l’instrument de maintien des castes et d’entretien de l’ignorance quand il n’exclut pas l’essentiel du corps social dont la paupérisation est entretenue au-delà des mers. En vendant l’éducation, on tient ainsi à l’écart les masses populaires de la compréhension des mécanismes d’exploitation de leurs ressources dont ont tant besoin les industries ailleurs. Ces masses constituant ainsi la grosse clientèle des produits manufacturés produits ailleurs. La division internationale du travail est dans ces conditions scrupuleusement respectée. Sans scrupule, on nous impose les prix d’achat des matières premières et les prix des produits finis. Il y a de quoi nous taxer de pays pauvres sans apport dans le commerce mondial. Et pourtant !!!

L’éducation et donc le savoir étant une arme bien connue, il ne faut pas l’offrir gratuitement, les autres n’ayant pas besoin. En le vendant, on est sur de perpétuer l’esclavage, même des lois entières sous les tropiques taxent l’éducation de ‘’priorité de l’Etat’’. C’est dans cette logique que le système LMD et la promotion collective peuvent faire leur entrée dans des territoires qui ont tout à construire alors que les initiateurs sont au terminus.  L’éducation est la clé du succès de tous les peuples sauf ceux d’Afrique.  La Chine a testée sa première bombe atomique en 1966, 17 ans après la révolution de 1949; la Russie a envoyé le premier homme à la Lune moins de 40 ans après sa révolution de 1917. Ces performances qui défient l’entendement sont dûes à une politique éducative souveraine, sans aliénation.

C’est pour tout cela que le Cameroun doit offrir une éducation de qualité et gratuite à sa jeunesse. Et comme l’un ne va pas sans l’autre, la santé qui est également un droit universel de l’homme doit également être gratuite. Ainsi, l’Afrique se mettra sur le chemin qu’il n’aurait jamais dû quitter pour mettre sur pied sa bombe atomique et être définitivement à l’abri de la prédation internationale. L’égoïsme ne sera plus qu’un lointain passé qui aura fait place à la solidarité, symbole ancestrale africaine. Les enfants camerounais et africains pourront enfin regarder le monde sous le même prisme et envisager leur avenir avec assurance.

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