L’enseignement des langues nationales en question

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Parmi les dernières innovations du MINESEC dans les programmes scolaires de ces deux dernières années, figure en bonne place l’enseignement des langues nationales. L’introduction de l’enseignement des langues nationales dans les programmes scolaires dans les lycées et collèges de notre pays nous amène à nous poser quelques questions : pourquoi introduire cet enseignement directement au niveau secondaire ? Quelles  sont les motivations et l’opportunité de cet enseignement ? Quelle  importance présente à l’heure actuelle l’enseignement d’une langue nationale dans un monde de compétition scientifique et technologique ?

L’expérience empirique nous montre que l’acquisition facile dans l’apprentissage des langues est plus aisée par les enfants à bas âge. Ainsi, l’enseignement de nos langues devrait commencer à l’école primaire pour être sans doute accentué au niveau secondaire au besoin. De surcroit, les écoles primaires sont plus proches des communautés villageoises que les lycées et collèges et par conséquent, le contact et la pratique des langues plus directs.

Si la langue est le véhicule des cultures des peuples, l’introduction de l’enseignement des langues nationales au Cameroun reste quand même une sorte d’énigme. Pourquoi maintenant ? 

Il nous souvient qu’en une certaine époque dans ce pays, il était interdit de s’exprimer en langue « vernaculaire » dans un campus scolaire d’une école (publique ou privée). Nos langues  faisaient-t-elles honte en ce temps ?Quelles raisons peuvent donc justifier l’introduction des langues nationales ? Est-ce pour assurer la cohésion nationale ? Assurément pas ! La bataille pour déterminer la langue que l’on devrait choisir à cet effet serait des plus rudes. Par conséquent, l’unité nationale ne peut être une raison de l’enseignement des langues pour un pays comme le nôtre qui regroupe une mosaïque de langues.

N’est ce pas plutôt un autre motif de division sociale ?

A l’ouest par exemple, on enseigne dans la Menoua le « Yemba » dans la Mifi le « Nghomala », dans le Noun le « Shumoum »….. Véritablement, la division est assurée. A l’heure actuelle, alors que nous essayons de nous arrimer à la « mondialisation » qui consiste en de compétitions dans tous les domaines de la technologie et des échanges commerciaux, faut-il apprendre à nos futurs compétiteurs à s’exprimer en leurs langues circonscrites à des poignées d’individus et très localisées géographiquement ? Rappelons que l’importance d’une langue dépend du niveau de développement scientifique et technique, et de l’importance démographique de ceux qui la parlent. Qu’en est-il de nos langues nationales ? Avons-nous dans nos langues un vocabulaire adapté au niveau du développement actuel, même de notre propre pays ? Il faut en douter.

En conclusion, sans prétendre avoir bien compris les objectifs de l’enseignement de langues nationales, il apparait à nos yeux comme une stratégie  ourdie pour ralentir l’élan de développement impulsé par le phénomène de mondialisation. Comme croire en effet, que si on enseigne nos langues, cela aiderait à mieux comprendre et acquérir les connaissances « importées » et parfaire notre développement scientifique et industriel ? Seule une langue nationale dûment choisie et enrichie peut nous permettre de mieux communiquer avec le monde.

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