L’éducation gratuite est une exigence
L’éducation publique est gratuite en France, USA, UK, Allemagne, Russie, Chine, RSA, etc. Voilà des pays « riches » qui offrent une éducation gratuite à leurs citoyens. En Afrique et particulièrement au Cameroun, pays « pauvre très endetté », les parents envoient très profondément leurs mains dans la poche pour éduquer « leurs enfants ». Il y a lieu de se poser une question rhétorique fondamentale : La gratuité de l’éducation est-elle consubstantiellement liée à la richesse et la rétribution à la pauvreté ? Quand une chose est très grosse ou très petite, on a du mal à apprécier ses contours, voilà exactement le parallèle avec la situation de la gratuité de l’éducation dans les pays riches. Ces pays sont tellement riches que l’éducation publique, qui est gratuite du primaire à l’université est invisible d’Afrique. Oui, les Africains sont les moins informés sur cette situation scandaleusement paradoxale. Une situation logique aurait voulu que les pays pauvres aient une éducation gratuite et que les riches vendent l’éducation à leurs peuples. Il n’en est rien et pour cause ? Pourquoi va-t-on à l’école ?
Les pays pauvres vendent l’éducation à leurs peuples parce que les richesses du pays continuent à être gérées par les maîtres d’hier et il faut saigner les populations pour faire semblant d’entretenir une école. C’est ainsi que les frais exigibles et les frais d’APEE (Association des Parents d’Elèves et Enseignants) sortent des mêmes poches imperceptiblement, on fait croire aux parents que les frais exigibles sont tellement légaux qu’ils ne souffrent d’aucune explication. Tout se passant dans la tête du parent comme s’il n’y avait que les frais d’APEE sur lesquelles ils pouvaient faire des débats. On fait croire aux parents qu’ils décident librement du taux à payer à ce niveau alors qu’il est lié par les charges croissantes des établissements. L’Etat se croise les mains. C’est ainsi qu’un lycée reçoit en tout et pour tout, par an, une dotation budgétaire de l’Etat de 680.000F pour acheter le matériel de bureau. Le tiers de cette somme, soit 30% échoue dans les poches des fournisseurs. Les frais de mission de l’ordre de 1.080.000Fcfa entrant directement dans les poches des individus ne participent en rien à la vie de l’établissement. Au primaire, le budget de l’établissement est constitué d’un apport de l’Etat de 3100Fcfa par élève, laquelle somme subi des cures d’amaigrissement drastiques avant d’atteindre les destinataires que sont les Directeurs d’école.
Chaque citoyen va à l’école pour servir son pays. Voilà la réalité qui est cachée aux Africains. Que nous soyons balayeur de rue ou haut fonctionnaire, nous sommes tous au service de la nation. C’est parce que le paysan va au champ que le fonctionnaire qui va au bureau peut trouver de quoi acheter au marché pour nourrir sa famille, c’est parce que la vendeuse de beignets est là que les élèves et autres peuvent restés à l’école à midi, personne n’irait au travail si les transporteurs n’existaient pas. Sans le boutiquier du coin, la vie serait pénible. On peut multiplier à l’infini les exemples qui montrent que personne ne va à l’école pour lui-même. En rendant service à un autre compatriote, on rend un service à la nation. Même les compatriotes qui ont quitté le pays sont toujours au service de la nation quand ils envoient de l’argent pour soigner leurs parents ou leur offrir la ration, ils aident ainsi le pays à soigner ses malades et à nourrir ses enfants. L’école ici permet d’acquérir des connaissances pour bien exercer dans les différents domaines de la vie nationale. C’est pour cela que l’éducation qui rend service à l’Etat devrait être assurée par lui et être de ce fait gratuite. C’est pour cette raison que les pays riches offrent l’éducation gratuite à leurs peuples. La gratuité de l’éducation n’a donc rien à voir avec la richesse d’un pays, tout est dans le rôle social de l’éducation. Ce rôle est tellement bien compris par la France qu’en plus de la gratuité, elle assure tous les mois d’août une allocation annuelle de 360 à 393Euro(235.800 à 257.415fcfa) par enfant démunis, soit pour près de 5 millions d’enfants. Chaque pays du monde a les moyens de le faire, il suffit qu’il comprenne à quoi sert l’éducation et qu’il soit effectivement souverain. Les pays d’Afrique ne sont-ils pas réellement les plus riches du monde?
Une école gratuite accompagnée des autres services sociaux gratuits sont ce qui assure le ciment du patriotisme chez les pays dits riches. Les services sociaux marchands chez ceux dits pauvres n’est pas de nature à encourager la moindre fibre patriotique. On ne peut pas attendre d’un enfant qui n’a jamais rien bénéficié de son pays, qu’il marque un attachement pour ce pays. Une éducation gratuite accompagnée des autres services sociaux gratuits est une exigence pour un amour de la patrie. La bonne manière de tuer le patriotisme est de vendre tous les services aux citoyens d’un pays (manuels scolaires, médicaments, engrais), et de ne rien subventionner. Tout le contraire des pays qui disent avoir les moyens. Cet ordre des choses est compréhensible quand on sait, grâce aux démonstrations magistrales telles que celles de Ha-Jong Chang dans Kiking Away the Ladder, que tout est téléguidé par ceux qui se disent riches. Ceux-ci pour lui, ont emprunté une voie dont ils déploient toute leur énergie pour empêcher les autres de suivre. Une école gratuite soudera les liens entre concitoyens (parents et enfants) qui se sentent unis par le même destin avec une égalité d’opportunité pour tous et forcerait un attachement à la mère nourricière. La Chine, partie du même niveau de développement que beaucoup de pays d’Afrique en 1948 ( avec juste en plus sa souveraineté), est allée au-delà de la gratuité pour une éducation obligatoire, les résultats sont là, des millions de médecins et d’ingénieurs sont formés chaque année pour tourner l’usine mondiale.






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