Que vous suggèrent ces propos d'Alain : «l'inconscient est un mythe dangereux » ?

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Travail préliminaire
Définition des mots clés :
Inconscient : partie de notre psychisme qui échappe à notre conscience, ce qui n' a pas de conscience
Mythe : Un mythe est une construction imaginaire qui se veut explicative des phénomènes cosmiques, psychologiques et sociaux, ce qui n' existe pas, ce qui n' est pas réel
Dangereux : ce qui peut nuire, ce qui peut nous faire du mal 

Reformulation
L' inconscient est imaginaire. L' inconscient est une invention de l' esprit qui peut nous nuire

Problème : l' existence de l' inconscient

Plan global :
Thèse : L' inconscient est un mythe
Antithèse : l' inconscient est une réalité objective
Synthèse : l' homme est en même temps conscient et inconscient

Problématique : si nous acceptons que l' inconscient est un mythe dangereux, que dire de ceux qui pensent qu'il est une réalité objective ? Ai final, l' homme n' est-il pas en même temps conscience et inconscient ?

Plan détaillé :
Thèse : l' inconscient est un mythe dangereux
Argument 1 : la conscience est infaillible (elle ne peut pas se tromper et on ne peut pas la tromper. C'est un juge infaillible.)
Citation. Rousseau : «conscience ! Conscience ! Instinct divin. Juge infaillible du bien et du mal»
Argument 2 : C'est la mauvaise foi (faire appel à l' inconscient c'est tenter de justifier ses errements et ses manquements, or l' homme doit être responsable de ses actes (trouve une citation ici)

Antithèse : l' inconscient est une réalité objective
Argument 1 : il y a des actes qui échappent au contrôle de la conscience (actes manqués, lapsus, oublies)
Citation. Freud : «les données de la conscience sont extrêmement lacunaires » (la conscience a des lacunes)
Argument 2 : il y a trois instances dans le psychisme humain dont deux relevant de l' Inconscient (le moi, le surmoi siège des interdits sociaux et le surmoi siège des pulsions et désirs refoulés)
Citation. Paul Valéry : «la conscience règne mais ne gouverne pas» (elle est influencée par les instances inconscientes.

Synthèse : l' homme est en même temps conscience et inconscient (il n' est ni totalement conscient, ni totalement inconscient. Même dans ses moments d'inconscience il garde des réflexes conscients)
Exemple : un malade mental qui remarque ses enfants.

Exemple de devoir rédigé
Les philosophes ne s'accordent pas sur l'inconscient. Deux grandes positions s’affrontent à ce sujet. D’un côté, certains philosophes affirment que l’homme est un être pleinement conscient, maître de ses pensées et responsable de ses actes. De l’autre côté, des penseurs, notamment les psychanalystes, soutiennent que la conscience n’est qu’une partie de la vie psychique et que de nombreuses forces obscures, inconscientes, influencent profondément le comportement humain. C’est dans ce contexte que Alain affirme : « l’inconscient est un mythe dangereux ». Cette pensée soulève le problème de l’existence de l’inconscient. Si l’on accepte avec Alain que l’inconscient est un mythe dangereux, que dire de ceux qui pensent qu’il est une réalité objective ? Au final, l’homme n’est-il pas à la fois conscient et inconscient ?

L’inconscient est un mythe dangereux selon Paul Valéry et les partisans de la primauté de la conscience. Plusieurs raisons justifient cette position. D'abord, la conscience est infaillible. Ell est la faculté par laquelle l’homme se connaît lui-même, juge ses actes et distingue le bien du mal. Elle est transparente à elle-même et ne saurait être trompée. C’est pourquoi Jean-Jacques Rousseau affirme : « Conscience ! Conscience ! Instinct divin, juge infaillible du bien et du mal ». Si la conscience est un juge infaillible, alors rien de ce qui relève de l’esprit humain ne peut lui échapper. Par conséquent, invoquer l’inconscient reviendrait à nier la puissance et la clarté de la conscience. Ensuite, l’inconscient est une mauvaise foi et une fuite de la responsabilités. Dire que nos actes sont dictés par l’inconscient peut être une manière de se déresponsabiliser. En effet, faire appel à l’inconscient, c’est parfois chercher à justifier ses erreurs, ses fautes ou ses manquements. Or l’homme est un être libre et responsable de ses actes. Comme le souligne Jean-Paul Sartre : « L’homme est condamné à être libre ».
Cette liberté implique une responsabilité totale. Ainsi, l’inconscient apparaît comme un mythe dangereux, car il peut servir d’alibi moral et affaiblir le sens de la responsabilité humaine.

Nous venons de voir que l' inconscient n' existe pas. Mais que dire de ceux qui affirment avec force que l' inconscient est une réalité objective ?

L' inconscient est une réalité objective qui se manifeste dans de nombreux comportements humains. Il y a des actes qui échappent au contrôle de la conscience comme les lapsus, actes manqués, oublis involontaires, rêves. Ces phénomènes ne peuvent être expliqués uniquement par la conscience. Sigmund Freud affirme à ce propos : « Les données de la conscience sont extrêmement lacunaires ». La conscience ne saisit donc pas toute la vie psychique. Il existe des contenus refoulés qui agissent à l’insu du sujet. Freud distingue trois instances dans le psychisme humain : le ça, le moi et le surmoi. Le ça est le siège des pulsions et désirs refoulés, le surmoi représente les interdits sociaux intériorisés, et le moi tente de concilier les exigences du ça, du surmoi et de la réalité. Or le ça et le surmoi relèvent largement de l’inconscient. Ainsi, la conscience n’est pas souveraine. Paul Valéry reconnaît cette limite lorsqu’il affirme : « La conscience règne, mais ne gouverne pas ». Cela signifie qu’elle est influencée et parfois dominée par des forces inconscientes.

La conscience comme nous venons de voir est donc une réalité objective. Au final, ne faudrait-il pas plutôt affirmer que l' homme est en même temps conscience et inconscient ?

L’homme est à la fois conscient et inconscient. En réalité, l’homme n’est ni totalement conscient, ni totalement inconscient. Il est un être complexe, traversé par des forces conscientes et inconscientes. La conscience permet la réflexion, le jugement et la responsabilité, tandis que l’inconscient influence les comportements, les désirs et les réactions profondes. Même dans des situations d’inconscience apparente, l’homme conserve parfois des réflexes ou des réactions conscientes. Par exemple, un malade mental peut reconnaître ses enfants ou réagir à leur présence, preuve que la conscience n’est jamais totalement absente. Ainsi, il faut penser l’homme comme une unité dynamique où conscience et inconscient coexistent.

En définitive, la réflexion autour de la formule d' Alain nous a conduits à nous interroger sur l’existence de l' Inconscient. Pour mieux le circonscrire, nous avons montré en première que l’inconscient est un mythe, dangereux parce qu’il affaiblit la conscience et la responsabilité morale de l’homme. Mais en deuxième partie, nous avons montré que l’inconscient est une réalité psychique, attestée par les actes manqués et la structure du psychisme. La contradiction entre ces deux positions nous a amené en troisième partie à montrer que  l’homme est à la fois conscient et inconscient. La conscience éclaire et juge, tandis que l’inconscient influence et oriente. 

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