Exercice contraction de texte Tle A4
Texte :
En France, les racistes sont peut-être plus nombreux qu’hier, ils sont surtout plus bruyants. Dernièrement, la ministre de la Justice Christiane Taubira a fait l’objet de plusieurs attaques racistes.
Quelle est donc cette démocratie où les enfants brandissent des bananes contre une ministre noire, comme les pires des hooligans dans les stades ? Quelle est donc cette République où un parti d’extrême droite investi comme candidate aux municipales une femme capable de comparer la même ministre à un singe ? Quel est donc ce pays où un journal peut s’abriter derrière le second degré, un prétendu humour et la liberté d’expression pour reprendre ces attaques à la volée ?
Un fumeur nauséabond plane depuis quelques semaines sur la France. Il est la vapeur échappée des tensions nationales, si vives et si générales en ce moment. Il est le relent pérenne d’une idéologie enfouis, mais toujours présente dans les catacombes du pays. Il est le soufre politique d’une société où l’on déteste toujours quelqu’un quand on ne s’aime pas où l’on ne supporte plus la gueule de l’autre quand on a du mal à se regarder dans la glace.
Ces fièvres fétides ont embrouillé les esprits et, comme toujours, la confusion accouche de fausses accusations qui empêchent de distinguer les vrais dangers. Non, la France n’est pas raciste, et la République enrichit chaque jour sa pharmacie de puissants antidotes. Des lois mémorielles à la vigilance des bonnes associations, nous sommes, et c’est tant mieux, l’un des pays les plus intransigeants en la matière.
En revanche, depuis des décennies, un urbanisme ghettoïsant, une intégration essoufflée et une politique scolaire anémiée ont crée un terrain fertile à tous les racismes, notamment aux tensions qui opposent les diverses communautés issues de l’immigration. Flambe ainsi une xénophobie « horizontale », entre pauvres, plus inquiétante encore que l’ostracisme « vertical » que pratiquent les nantis et les réactionnaires.
Les racistes en France sont peut-être plus nombreux qu’hier, ils sont surtout plus bruyants, parce que l’agressivité générale du débat public leur permet de persifler à l’aise : au milieu des injures à poils et à plume, leurs écailles de serpent passent inaperçues. L’explosion d’Internet et des réseaux sociaux, ces champs d’épandage de toutes les rancœurs et de toutes les haines, leur offre un abri et un alibi ; puisque l’impunité y est le régime général, les racistes ont beau jeu d’y allumer leurs incendies, avant d’expliquer qu’il s’agit là de l’opinion profonde des Français, trop longtemps escamotée par la bien-pensance.
Hier, ces raclures de comptoir ne franchissant pas le zinc où s’accoudaient leurs auteurs : aujourd’hui, les abominations peuvent éclabousser des millions de connectés.
Les racistes, enfin, ont pour alliés ceux qui ont fait de l’antiracisme un métier et une rente : ceux-là doivent sans cesse hurler au danger brun et trouver des suspects pour justifier leur rage, entretenir leur fonds de commerce et réclamer des subventions.
Quand une association déclinante s’en prend à Manuel Valls, quand des censeurs en retard souhaitent qu’on brûle Tintin au Congo, quand les apôtres du politiquement correct décernent des trophées infamants à ceux qui pointent les problèmes de la République et rejettent l’angélisme bêta, les vrais raciste se frottent les mains, car leurs ennemis se trompent de guerre. A crier au loup chaque fois qu’aboie un chien de berger, on n’est plus crédible quand surgit la bête du Gévaudan.
C’est aussi pour cela que les défenseurs de Christiane Taubira, estourbis, ont mis du temps à se mobiliser. Quand les militants sincères comprendront qu’un antiracistes borné est l’idiot utile du racisme, leur lutte sera plus efficace.
Entre une droite inconséquente, qui se permet de décréter que « des civilisations sont supérieures à d’autres » et une gauche arrogante, qui s’attribue le monopole de la morale, un boulevard s’ouvre : pourvu que les racistes et les xénophobes n’y défilent pas bientôt, les torches à la main.
Christophe Barbier, Editorial publié sur le site www.lexpress.fr, 24 novembre 2013.
I- Analyse : (9pts)
Ce texte comprend 636 mots. Vous l’analyserez en 212 mots. Une marge de 21 mots en plus ou en moins sera tolérée. Vous indiquerez le nombre de mots utilisés à la fin votre analyse.
II- Discussion : (9pts)
« Des civilisations sont supérieures à d’autres ». Le journaliste et éditorialiste français Christophe Barbier rapporte ainsi les propos du parti de droite de son pays. Partagez-vous cette vision qui établit et accepte une hiérarchie entre les civilisations, les races et les peuples ?
III- Présentation : (2pts)

