Travaux dirigés contraction de texte

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CONTRACTION DE TEXTE TD

 

Exercice 1 :

Contractez ce texte en 100 mots

« S'informer fatigue »

 

La presse écrite est en crise. Elle connaît en France et ailleurs une baisse notable de sa diffusion et souffre gravement d'une perte d'identité et de personnalité. Pour quelles raisons et comment en est-on arrivé là ? Indépendamment de l’influence certaine du contexte économique et de la récession il faut chercher, nous semble-t-il, les causes profondes de cette crise dans la mutation qu'ont connue, au cours de ces dernières années, quelques-uns des concepts de base du journalisme.

En premier lieu l'idée même d'information. Jusqu’à il y a peu, informer, c’était, en quelque sorte, fournir non seulement la description précise - et vérifiée - d’un fait, d'un événement, mais également un ensemble de paramètres contextuels permettant au lecteur de comprendre sa signification profonde. Cela a totalement changé sous l'influence de la télévision, qui occupe désormais, dans la hiérarchie des médias, une place dominante et répand son modèle. Le journal télévisé, grâce notamment à son idéologie du direct et du temps réel, a imposé peu à peu une conception radicalement différente de l'information. Informer c'est, désormais, « montrer l'histoire en marche » ou, en d'autres termes, faire assister (si possible en direct) à l'événement. Il s'agit, en matière d'information, d'une révolution copernicienne dont on n'a pas fini de mesurer les conséquences. Car cela suppose que l'image de l'événement (ou sa description) suffit à lui donner toute sa signification, et que tout événement, aussi abstrait soit-il, doit impérativement présenter une partie visible, montrable, télévisable. C'est pourquoi on observe une emblématisation réductrice de plus en plus fréquente d'événements à caractère complexe.

 Un autre concept a changé : celui d'actualité. Qu'est-ce que l'actualité désormais ? Quel événement faut-il privilégier dans le foisonnement de faits qui surviennent à travers le monde ? En fonction de quels critères choisir ? Là encore, l'influence de la télévision apparaît déterminante. C'est elle, avec l'impact de ses images, qui impose son choix et contraint la presse écrite à suivre. La télévision construit l'actualité, provoque le choc émotionnel et condamne pratiquement les faits orphelins d'images au silence, à l'indifférence. Peu à peu s'établit dans les esprits l'idée que l'importance des événements est proportionnelle à leur richesse en images. Dans le nouvel ordre des médias, les paroles ou les textes ne valent pas des images.

 Le temps de l'information a également changé. La scansion optimale des médias est maintenant l'instantanéité (le temps réel), le direct, que seules télévision et radio peuvent pratiquer. Cela vieillit la presse quotidienne, forcément en retard sur l'événement et, à la fois, trop près de lui pour parvenir à tirer, avec suffisamment de recul, tous les enseignements de ce qui vient de se produire. La presse écrite accepte de s'adresser non plus à des citoyens, mais à des téléspectateurs !

Un quatrième concept s'est modifié. Celui, fondamental, de la véracité de l'information. Désormais, un fait est vrai non pas parce qu'il correspond à des critères objectifs, rigoureux et vérifiés à la source, mais tout simplement parce que d'autres médias répètent les mêmes affirmations et « confirment »... Si la télévision (à partir d'une dépêche ou d'une image d'agence) présente une nouvelle et que la presse écrite, puis la radio reprennent cette nouvelle, cela suffit pour l'accréditer comme vraie. Les médias ne savent plus distinguer, structurellement, le vrai du faux.

Enfin, information et communication tendent à se confondre. Trop de journalistes continuent de croire qu'ils sont seuls à produire de l’information quand toute la société s'est mise frénétiquement à faire la même chose. Il n’y a pratiquement plus d'institution (administrative, militaire, économique, culturelle, sociale, etc.) qui ne se soit dotée d'un service de communication et qui n'émette, sur elle-même et sur ses activités, un discours pléthorique et élogieux. À cet égard, tout le système, dans les démocraties cathodiques, est devenu rusé et intelligent, tout à fait capable de manipuler astucieusement les médias et de résister savamment à leur curiosité. Nous savons à présent que la « censure démocratique » existe.

 À tous ces chamboulements s’ajoute un malentendu fondamental. Beaucoup de citoyens estiment que, confortablement installés dans le canapé de leur salon et en regardant sur le petit écran une sensationnelle cascade d'événements à base d’images fortes, violentes et spectaculaires, ils peuvent s’informer sérieusement. C'est une erreur majeure. Pour trois raisons : d'abord parce que le journal télévisé, structuré comme une fiction, n’est pas fait pour informer mais pour distraire ; ensuite, parce que la rapide succession de nouvelles brèves et fragmentées (une vingtaine par journal télévisé) produit un double effet négatif de surinformation et de désinformation ; et enfin parce que vouloir s'informer sans effort est une illusion qui relève du mythe publicitaire plutôt que de la mobilisation civique. S’informer fatigue, et c'est à ce prix que le citoyen acquiert le droit de participer intelligemment à la vie démocratique.

 

    Ignacio RAMONET, Télévision et information. , Le Monde Diplomatique, octobre 1993.

 

 

  Exercice  2 :

    Pierre MENDÈS-FRANCE. Espérer.

    (Après-demain, 1967).

    Vous présenterez une contraction de ce texte en 18O mots (un écart de 10 % en plus ou en moins est admis). Vous indiquerez le nombre de mots que comporte votre résumé.   

 

Il faut reconnaître qu'à la confiance et à la foi un peu naïves de nos pères dans le progrès, a succédé une inquiétude qui tourne parfois à l'angoisse. Certes, dans le domaine de l'avancement des connaissances et de la science, le bilan est extrêmement positif ; on sait, de nos jours, infiniment plus de choses, et on les sait mieux qu'il y a un siècle. Parallèlement, les frontières du monde à connaître s'éloignent sans cesse, de sorte que personne n'espère ou ne redoute plus « la mort de la science ». En même temps, les applications des connaissances peuvent donner en principe à l'homme, vis-à-vis de la nature, une indépendance, une sécurité chaque jour plus grandes. Mais dès qu'on passe du domaine de la science à celui de son utilisation et plus encore à celui du destin collectif de l'humanité, le tableau s'obscurcit dramatiquement. Même les applications pratiques des découvertes et des connaissances créent souvent des difficultés imprévues : le moteur qui doit libérer asservit en fait dans bien des cas ; la médecine guérit, mais l'allongement de l'espérance de vie pose des problèmes sérieux à la société ; l'urbanisation arrache les hommes aux rythmes et aux malédictions millénaires de la nature, mais elle sécrète des névroses individuelles et sociales qui assombrissent ses avantages. Enfin et surtout, notre temps a vu s'accomplir les plus grands massacres collectifs qu'on ait jamais connus, l'arbitraire et l'oppression n'ont jamais été aussi redoutables aux mains d'oligarchies ou de pouvoirs qui disposent de moyens techniques colossalement multipliés. Sans parler de l'explosion démographique mondiale, en face de ressources insuffisantes et, au surplus, trop souvent mal réparties et mal utilisées.

Ce monde, caractérisé par l'expansion vertigineuse des sciences et des techniques, est si différent de celui où nous avons puisé nos règles de pensée, que l'angoisse nous saisit parfois. Un monde sans paysans sera-t-il un monde meilleur ? La conquête de l'espace, quand tout reste à faire sur terre, est-elle « raisonnable » ? Le perfectionnement toujours plus poussé et à n'importe quel prix, des engins de destruction massive, est-il vraiment un progrès ? Ces questions sont tellement légitimes qu'il ne faut pas s'étonner si des formes de pensée non rationnelles, des eschatologies religieuses ou autres prospèrent plus que jamais et continuent de hanter un grand nombre de nos contemporains, parfois parmi les jeunes.

Faut-il donc dresser un bilan de faillite ? Je ne le crois pas. Il faut réagir contre les tentations du découragement. Sans doute attendions-nous trop, sinon du futur, du moins du présent, et c'est pourquoi nous sommes déçus.

Mais, pour faire nos comparaisons, ne surestimons pas le passé de l'humanité. Ses périodes les plus brillantes et le plus policées ne cachaient-elles pas des arrière-plans de misère, d'oppressions et d'injustices cruelles grâce auxquelles seulement certaines réussites étaient possibles ? Nous situons trop facilement l'âge d'or derrière nous : mais les bergeries de Versailles ne doivent pas faire oublier qu'au XVIIIème siècle encore, les paysans français mouraient — au sens propre — de faim. Et les massacres contemporains les plus horribles ne sauraient faire pardonner ceux d'hier.

En fin de compte, un bilan tout à fait honnête montre que le progrès dans l'organisation sociale se manifeste malgré tout, même si c'est avec lenteur et difficulté, sur des rythmes très différents ici et là, avec des arrêts, voire des reculs temporaires. De forces profondes se sont mises en mouvement et elles se révèlent irrésistibles. Les masses, autrefois résignées, exercent une pression contre laquelle rien ne peut prévaloir ; les jeunes, tournés vers l'avenir, les chercheurs, les intellectuels apportent leur concours. La démocratie politique ouvre les voies. L'histoire se faisait autrefois dans le bruit des bottes, des fusillades, des massacres, dans les cris souvent implacablement étouffés des victimes. Convenons-en, c'est tout autrement que s'opèrent aujourd'hui mutations et réformes de structure.

Mais la raison fondamentale qui nous pousse à rejeter le pessimisme, c'est qu'hier encore, toutes les misères étaient ressenties comme des fatalités contre lesquelles il était vain de s'insurger ; à l'inverse, la société de demain, si elle porte encore en elle des formes d'aliénation inacceptables, refusera les horreurs qui nous étaient devenues familières et ses futurs artisans s'emploient dès maintenant à les prévenir. Même si l'avenir « meilleur pour tous » n'est pas aussi prochain que nous le voudrions, un nombre croissant d'hommes savent que leur sort peut s'améliorer et, du coup, ils cessent d'être résignés. Ils veulent se battre pour plus de justice et d'humanité. Et, tout compte fait, c'est cela le progrès.

             

 

 

Exercice 3 : Vers une fracture générationnelle ?

Les générations sont-elles en passe de devenir une nouvelle clé de lecture des fractures centrales de la société française ? En tous cas, à l’heure où l’on peine à dessiner, en France comme ailleurs, le visage des sociétés nationales, et où l’analyse en termes de classes sociales est de moins en moins suffisante, les clivages liés à l’âge pourraient connaître un regain de vitalité dans les années à venir.

Cette particularité de notre époque, c’est bien entendu l’exceptionnel destin social de la « génération 68 », comme l’a rappelé récemment le sociologue Louis Chauvel. Celui-ci met en évidence, dans deux articles, les facteurs qui ont permis aux individus nés entre 1945 et 1955 de connaître un progrès sans précédent. La « génération 68 » succède à des générations qui ont connu des destins particulièrement dramatiques : la génération 1914 par exemple, celle de leurs parents, aura connu un début de vie active des plus difficiles dans le contexte de crise des années 1930, avant, surtout, de connaître les affres de la Seconde Guerre mondiale.

Grandissant eux, pour la première fois depuis un siècle, en temps de paix, les « baby-boomers » vont profiter à plein de la dynamique des Trente Glorieuses : dans un pays en pleine reconstruction, le travail ne manque pas, ce qui leur permet de connaître, au cours des trois ans après la sortie des études, un taux de chômage moyen très faible d’environ 5%. Grâce notamment au développement de l’Etat-providence, de l’éducation et de la recherche (CNRS, universités), des services de santé, des entreprises semi-publiques (EDF, France Telecom…), ils vont être les principaux bénéficiaires de la forte demande en cadres et professions intellectuelles. Ils connaîtront ainsi une mobilité sociale ascendante inouïe, assurant une rentabilité maximale de leurs diplômes : dans les années 1970, 70% des titulaires d’une licence ou plus âgés de 30 à 35 ans sont cadres. Aujourd’hui, la « génération 68 » s’apprête à prendre sa retraite après une vide de travail pratiquement sans accroc, et après avoir fait jouer l’ascenseur social comme aucune autre génération auparavant.

   Malheureusement, cette parenthèse s’est très vite refermée : Les générations nées à partir de 1955 ont connu une dégradation progressive de leurs « chances de vie ». Le phénomène le plus important de ce point de vue est naturellement l’apparition d’un chômage de masse, qui frappe notamment les nouveaux venus sur le marché du travail. […]

Constat pessimiste ? L. Chauvel admet qu’il est « sombre, mais il est fondé sur des bases empiriques fortes, des analyses solides, des résultats convergents ». D’autres auteurs dressent un tableau plus nuancé. On peut souligner aussi que les privilèges d’une génération ne jouent pas nécessairement comme un désavantage pour les autres générations. On a ainsi assisté à un renversement historique du sens des solidarités, provoqué par l’Etat-providence (avec l’instauration des retraites et le développement de l’éducation), qui fait que ce sont désormais principalement les jeunes qui bénéficient des solidarités familiales. Résultat : l’écart de revenus entre les âges se resserre, même s’il faut reconnaître que cette réduction des inégalités est « modérée ».

Ces correctifs ne suffisent donc pas à entamer le constat général d’inégalités socio-économiques fortes entre les générations au détriment des jeunes. D’où le constat laconique de L. Chauvel : « Pour la première fois en période de paix, la génération qui précède ne laisse pas aux suivantes un monde meilleur à l’entrée de la vie. » En fait, selon lui, on a assisté, au milieu des années 1980, à l’inversion d’un phénomène qui jusque-là visait d’abord la protection et l’insertion des jeunes : voici que l’on s’est mis à assurer prioritairement la stabilité des plus âgés, le principal coût de ce changement étant, encore une fois, le chômage des jeunes. Ce basculement comporte de grands risques. Et tout d’abord celui d’une « dyssocialisation » de la jeunesse, c’est-à-dire non pas d’une absence de socialisation, mais d’une socialisation difficile, inadaptée. Concrètement, ce risque viendrait d’un manque de correspondance entre les valeurs et les idées que reçoit la nouvelle génération (liberté individuelle, réussite personnelle, valorisation des loisirs, etc.) et les réalités auxquelles elle sera confrontée (centralité du marché, hétéronomie, pénurie, manque d’emplois intéressants, ennui, etc.). Plus profondément, les difficultés psychosociales de la nouvelle génération (notamment les comportements violents, les incivilités en tous genres, le suicide, etc.) pourraient être liés de façon immédiate au fossé entre ce que les jeunes croient mériter (sur la base d’une comparaison entre les études et la position de leurs parents et les leurs) et ce qu’ils peuvent réellement connaître.

Bien sûr l’avenir n’est pas encore joué, et la récente prise de conscience du phénomène par les politiques augure peut-être de mesures capables de faciliter l’insertion des jeunes dans le monde du travail. Reste qu’il y a encore loin de la conscience, bien réelle, des inégalités liées à l’âge, à leur prise en compte effective dans la décision collective et notre représentation de la société. En attendant, on ne peut que faire des conjectures sur notre futur immédiat.

 

Xavier MOLENAT, « Vers une fracture générationnelle », Les Grands Dossiers des Sciences Humaines, n°4, 2006.

 

   

 Exercice  4 :

        Alfred BIEDERMANN.

        L'esprit romantique de la jeunesse actuelle.

 

Il est dans les lettres et les arts des écoles qui ne survivent guère aux générations qui leur ont donné naissance - faute, sans doute, d'une universalité, d'une profondeur humaine qui les auraient mises à l'abri du temps : ainsi le symbolisme en France,  l'expressionnisme en Allemagne, qui, pourtant, ont eu leur moment de vogue européenne. Aucun de ces mouvements ne s'est imposé comme ferment de renouvellement à travers les mutations périodiques de l'esprit européen. Le romantisme, par contre, n'a cessé d'agir au cours des époques qui l'ont suivi comme provocation ou repoussoir sur ceux qui cherchaient, dans les arts et les lettres, à frayer la voie vers des horizons nouveaux. Naguère, on affublait ironiquement de l'étiquette romantique toute attitude contraire au souci primordial de réalisme et de raison pratique. Aujourd'hui, la jeunesse se réclame volontiers d'une sorte de néoromantisme. La critique incisive du progrès technique, de ses objectifs strictement utilitaires et la peur de se trouver asservi à une civilisation industrielle mondiale, avec ses rechutes dans la barbarie et son insouciance du bonheur et de la vie de l'âme, tout cela a ramené l'attention vers les aspirations de l'âge romantique. Non pas, certes, pour les restaurer dans leurs formes historiques; rien n'est plus périmé aujourd'hui que les mièvreries sentimentales de 1830; mais certaines attitudes d'esprit typiques du romantisme resurgissent actuellement chez nos contemporains.

Il y a d'abord ce refus de se laisser encadrer par les traditions philosophiques et sociales d'hier. L'adolescent d'aujourd'hui, c'est d'abord quelqu'un qui dit « non », j'entends qui se refuse à ouvrir aux institutions et aux mœurs en cours ce crédit de confiance, jusqu'à preuve de leur légitimité, que ses aînés consentaient plus libéralement : « non » un peu fou, un peu trop romantique peut-être, qui fait hocher la tête aux gens raisonnables, mais mise en question salutaire, susceptible de débloquer bien des structures fossilisées.

Autre résurgence romantique : le retour à la nature. Jamais, sans doute, les jeunes qui pensent n'ont été plus sensibles aux menaces d'une rupture du contact entre l'homme et la nature. L'humanité moderne, ils le voient de plus en plus clairement, « se développe dans la nature [...] comme une sorte d'artifice universel » . L'homme, pris dans l'univers technique, se coupe de son milieu naturel, que, d'ailleurs, il ravale au rang de matériau. Nos contemporains, par réaction, éprouvent le besoin de rester liés, dans leur travail et leurs loisirs, avec la verdure et la lumière, la montagne et la mer, dussent-ils y perdre quelques raffinements ou commodités de la société d'abondance. Tout donne à penser que, ce comportement, le proche avenir le développera.

Enfin, la référence délibérée au « moi » comme principe de valeur revient au premier plan. Elle entraîne le refus croissant des critères d'efficacité pratique, de réussite sociale, de rendement financier. Un certain affairisme à l'américaine périclite sous nos yeux. Les jeunes s'inquiètent du bénéfice moral, des satisfactions de l'esprit et du cœur que leur vaudront leur travail et leur effort. C'est dire que la considération de l'homme intérieur se trouve revalorisée et que l'esprit, qui tendait à n'être plus que l'instrument d'une exploitation technique du monde, redevient intéressant par lui-même, comme le vrai problème à résoudre, le vrai mystère à scruter. C'est là un autre symptôme de cette remontée des priorités romantiques en ce dernier tiers du xxe siècle.

             

 

Exercice 5 : Éloge de la parole

 

Les propos de Socrate contre l’écriture sont loin d'être ceux du marginal grincheux que l'on évoque parfois. Ils sont au contraire au cœur d'un rapport à l'écriture courant dans l'Antiquité grecque et romaine (jusqu'au seuil de l'Empire, qui réservera un accueil plus favorable à l'écriture comme moyen de contrôle social). L'oral reste en effet le moyen de communication privilégié pour tout ce qui est essentiel à la vie publique, l'écrit n'ayant qu'un rôle d'appoint et de retranscription. Nous sommes là en présence d'une norme sociale forte, qui veut par exemple que tout au long de l'Antiquité, au moins jusqu'à l'Empire, il ait été impensable qu'un orateur lise un texte. Le débat qui témoigne d'une tension entre la parole et la communication concerne la résistance qui s'inaugure dans le monde grec à ce qui est vécu comme une artificialisation de la parole. Les sophistes, véritables professionnels de la parole, se voient accusés de manipulation dès qu'ils prétendent travailler le langage, le mettre en forme pour convaincre. Ce débat entre parole authentique et parole manipulée va traverser, jusqu'à aujourd'hui, toute l'histoire de la rhétorique et du rapport moderne à la parole et au langage. Aujourd’hui même la parole ne sort pas indemne de ce qu'elle est obligée de se donner des outils pour être communiquée. Plus ceux-ci éloignent la parole de l'oral et du face-à-face, plus la suspicion gagne. C'est pourquoi, loin de s'être succédé, les différents moyens de communication se sont cumulés, avec un privilège maintenu pour l'oral.

Pourquoi l'oral est-il supérieur ? Un phénomène capital, dont aucun système d'écriture connu ne conserve la trace, le fait bien apparaître. Ce phénomène est l'intonation, qui stratifie souvent le discours oral en une structure hiérarchique où le message principal n'est pas prononcé sur le même registre selon les propositions imbriquées les unes dans les autres au sein de la phrase. Une reproduction graphique qui, bien qu'exacte pour le reste, ne note pas l'intonation, peut paraître quasiment inintelligible. L'écriture, comme l'image, est une réduction, une parole contrainte pour pouvoir durer, aller plus loin. Gain d'un côté, perte de l'autre. L'oral (comme le gestuel) serait plus proche de la parole, car il engage tout l'être dans une intonation globale. L'éloge de la parole est d'abord un éloge du face-à-face. Chacun d'entre nous est en fait confronté quotidiennement à une question simple (en théorie) : quel est le moyen de communication le plus approprié pour la parole que je souhaite tenir ? On constatera que plus la parole tenue est forte, plus nous cherchons le recours, quand il est possible, au face-à-face.

Ainsi le débat qui s'est instauré sur les possibilités ouvertes par les nouvelles technologies de communication reprend à sa façon ces anciennes questions. On sait qu'Internet a été entouré de la promesse d'une meilleure communication. Nous sommes là, toutefois, au cœur d'une utopie, car ce réseau ne favorise que la communication indirecte. Sa promotion a même longtemps reposé sur une apologie à la fois de ce type de communication (vous pourrez tout faire de chez vous, sans sortir) et d'une disqualification de la rencontre directe. Les propositions de cette utopie vont même plus loin. Du fait du développement des moyens de communication, la parole serait « meilleure » et la violence, liée au face-à-face, reculerait. L'illusion est ici à son comble, car au cœur de cette utopie est tapie une croyance de nature quasi religieuse et que l'on pourrait résumer ainsi : la communication, l'usage croissant de moyens de communication, sanctifierait la parole ainsi transportée.

Pourtant la réalité d'Internet est plus modeste. Le réseau remplit en fait trois fonctions bien distinctes et qui sont chacune le prolongement d'un moyen de communication plus ancien. Le courrier électronique, d’abord, a repris les fonctions de la poste, avec une efficacité accrue mais sans changement structurel sur la nature de la parole ainsi échangée. On rencontre là les mêmes problèmes que dans l'usage général de l'écrit qui ne peut jamais prétendre qu'au statut de complément ou de substitut de la rencontre directe et de la parole face-à-face. Les sites Web, ensuite, ont certes accru notre pouvoir d'accéder à l'information, mais le problème de la qualité, de la validité et de la pertinence des informations en ligne reste posé. La meilleure information reste finalement celle qui est garantie par le médiateur le plus fiable, donc le plus proche, celui en qui l'on a confiance. Enfin les forums de discussion qui organisent des échanges indirects ne permettent pas toute l'ouverture de la communication que l'on avait supposée initialement. Ils servent surtout aux communautés déjà constituées et ne sont que de peu d'aide pour ouvrir le champ de la parole. Il s'y succéderait plutôt des « doubles dialogues », où chacun s'exprime sans forcément écouter l'autre.

On peut en conclure qu’il est difficile d'argumenter à distance avec des personnes qu'on ne connaît pas, et d'ailleurs pour quoi leur dire ? Il ne suffit pas d'avoir à sa disposition un moyen de communication : encore faut-il avoir une parole à transmettre. Le fétichisme qui a entouré ces derniers temps la communication et ses techniques ne doit pas nous faire perdre de vue cette réalité fondamentale : la parole est bien la finalité de la communication.

 

Philippe BRETON, Éloge de la parole, 2003.

 

    

 Exercice  6 :  

Claude ROY. L'apothéose du mot communication.

    Vous présenterez une contraction de ce texte en 180 mots (un écart de 10 % en plus ou en moins est admis). Vous indiquerez le nombre de mots que comporte votre travail.

 

Les mots, les pauvres mots ont de grandes douleurs. On ne peut pas dire qu'ils souffrent en silence, puisqu'ils sont paroles. Mais ils souffrent. On les met à tous les usages, on leur fait tout dire, et le contraire de tout, on les met au service du noir et du blanc, de la vérité et du mensonge, de la paix et de la guerre. Il arrive même qu'ils en perdent la tête, c'est-à-dire le sens. Qu'ils en perdent même la vie : il y a des mots qui ont tant servi, et à de si drôles d'usages, qu'on n'ose plus les utiliser.

Sans aller jusqu'à cette extrémité, périr en services commandés, les mots ont une histoire. Prenons le mot communication. Il y a une vingtaine d'années, c'était un terme auré de mélancolie et de déréliction. Il résonnait en mineur, comme un andante à fleur de larmes. Le drame d'exister, c'était que la communication entre les êtres est impossible. Tous les vivants sont des captifs solitaires, murés dans des cellules bétonnées ou des in pace profonds. Vanité des vanités, tout échange entre « existants n'est que vanité. Malentendu des malentendus, tout n'est que malentendus. Alas, poor Yorick, la communication est coupée ! La mode intellectuelle était de prononcer le mot communication sur un ton à mi-chemin du chant funèbre et de la dérision.

On pourrait objecter que nous souffrons ou nous réjouissons peut-être davantage d'un excès de communication que de son insuffisance. Communication verbale et communication sans mots nous entourent et nous assaillent sans relâche. Le visage muet et douloureux de cet inconnu, dans le métro ou le train, nous communique sa détresse. Le sourire de soleil de cette jeune fille dans la rue nous communique son allégresse. L'univers est une perpétuelle station émettrice de messages, une gigantesque entreprise de communication : les humains communiquent entre eux (parfois trop), les animaux, les plantes et les étoiles n'arrêtent pas de nous faire des signes.

Quand les sémiologues ont pris la relève des existentialistes, la communication a tout de même repris du poil de la bête. Comme nous sommes toujours tentés de corriger un excès par un autre excès, on serait plutôt passé du manque de communication au trop-plein de signification, et de la déploration de notre solitude aux joyeux délires d'interprétation. Tout parle, tout veut dire, tout communique, et le fétu de paille dans le vent attend son interprète qui traduira son message (souvent un charabia).

Dans l'usage quotidien, le mot communication est passé de l'ancienne tonalité de glas, du personnage de Beckett prisonnier jusqu'au cou d'une jarre ou d'un tas de sable, à une sonorité de joyeux clairon, au sourire épanoui du héros de la Communication. La Communication englobe tout, la parole et l'image, le locuteur et le câble porteur, le signifiant, l'insignifiant et le signifié, les médias et l'immédiat, le ministre de la Communication et la communication du ministre, l'émetteur et l'émis. Il y a dans les journaux des rubriques « Communication ». On forme des spécialistes de la communication. Devant un patient qui souffre de mutisme persistant, le Docteur Tant Pis et le Docteur Tant Mieux opinent en chœur : « il a un problème de communication ».

Il n'est pas très certain que cette apothéose du mot communication corresponde à un progrès dans la réalité. Un des aspects de cette Société du Spectacle qu'a décrite et analysée Guy Debord, c'est la Communication-Spectacle, pratiquée sur les mille formes de l'interview, de l'entretien, de la table ronde et du « colloque », dans la presse, à la radio, à la télévision, à l'université. J'ai longtemps cru que le rêve qui poursuit toute leur vie les anciens étudiants, le rêve de l'examen, (on vous pose une question que vous ne comprenez pas sur un sujet dont vous ignorez tout), était le prototype de la situation angoissante. La réalité propose pourtant un type de situation peut être pire : l'interviewer qui, sur un sujet qui ne l'intéresse pas, qu'il ne connaît absolument pas et qu'il est bien décidé à ne jamais connaître, nous pose une question qui n'a aucun sens et à laquelle il souhaite qu'il soit répondu en trente-deux secondes, dans un flash aveuglant de communication-bidon.

Quand on a eu la sottise de se mettre dans cette situation-supplice, en revanche quel plaisir (rare) : trouver un interlocuteur qui n'est pas un interviewer, avoir en face de soi quelqu'un qui, au sens littéral et au sens général, a « étudié la question », sentir un intérêt, une curiosité vraie, et s'entendre poser ces questions qui sont le contraire de la fausse question définie par Robert Musil : « Une question mal posée, à laquelle on ne peut répondre ni par oui, ni par non, ni par rien. » A l'enseigne de la Communication, toute ne communique pas, hélas, ou bien ce qui est « communiqué» n'est que fausse monnaie, poudre aux yeux et paille des mots. Mais quand l'envie de connaître et la possibilité de savoir se retrouvent, est-ce que cela ne porte pas d'autres noms que communication ? Des noms assez beaux : conversation, échange, dialogue, rencontre ?

             

Texte 1 :

L’aventure ! ce qui va arriver, c’est-à-dire, nous l’espérons bien, ce qui va troubler notre situation, déranger notre quiétude. Mot explosif, chargé de toute une dynamite d’imprévu, d’insolite, d’inquiétant, voire de périlleux qui fait agréablement frissonner. Mais aussi, certitude d’une nouveauté et peut-être d’un renouveau. Le hasard, surtout dangereux, remettant en cause notre état présent, transforme notre destin, nous offre l’occasion de faire notre mue. À nous de le saisir.

Aussi l’aventure, bien que riche en fatigues, en souffrances, en risques, est toujours tentante.

Roger MATHÉ, L’aventure, « Prestige d’un mot », 1972.

 

 Pronom « nous » inclusif : ce pronom inclut l’auteur et le destinataire, comme aventuriers potentiels ou plutôt comme lecteurs de romans d’aventure.

 Intérêt argumentatif : impliquer le destinataire dans la démonstration qui va suivre et forcer son adhésion (par rapport au pronom indéfini à valeur générique « on » ou au pronom personnel « je »).

Il faut conserver ce choix dans la contraction.

Texte 2 :

On a dit que les mathématiques servent à rectifier dans la jeunesse les erreurs du raisonnement. Mais on a répondu très ingénieusement et très solidement à la fois, que pour classer des idées, il fallait premièrement en avoir ; que prétendre arranger l’entendement d’un enfant, c’était vouloir arranger une chambre vide. Donnez-lui d’abord des notions claires de ses devoirs moraux et religieux ; enseignez-lui les lettres humaines et divines : ensuite, quand vous aurez donné les soins nécessaires à l’éducation du coeur de votre élève, quand son cerveau sera suffisamment rempli d’objets de comparaison et de principes certains, mettez-y de l’ordre, si vous le voulez, avec la géométrie.

François-René de CHATEAUBRIAND, Génie du christianisme, 1802.

Académie de Montpellier – Ressources pour le lycée - 2019

5

 Pronom indéfini « on » : valeur exclusive dans la 1re phrase ≠ valeur inclusive dans la 2e phrase ; l’auteur défend la deuxième proposition, nonobstant la 1re - cf. les adverbes mélioratifs « très ingénieusement et très solidement ».

 Impératifs : « donnez-lui » ; « enseignez-lui » ; « mettez-y » – l’auteur interpelle ainsi le lecteur.

 Maintenir l’usage du pronom indéfini au début du résumé ; reprendre également l’usage de l’impératif dans la suite du texte.

Texte 3 :

Que peut représenter, pour un écrivain, l’enseignement de la littérature ? Nous avons tendance à penser qu’il existe deux activités, rigoureusement complémentaires […] dont l’unité constitue la littérature : écrire et lire. On ne voit, a priori, aucune nécessité pour que s’introduisent, entre les deux, ces parasites qui s’appellent les critiques, les professeurs et autres gens tout juste bons à faire écran entre l’écrivain et le lecteur. Au mois de mai, l’an dernier, la notion même d’un enseignement de la littérature était fortement contestée ; et cet hiver encore, dans le texte que Sartre a donné à L’Observateur, on retrouvait à propos de Baudelaire, l’idée qu’il est impossible d’expliquer un écrivain. A la limite, la thèse de Sartre portait condamnation de tout commentaire sous quelque forme qu’il se présente. Après tout, n’est-il pas normal de laisser les écrivains et les lecteurs face à face ? Ont-ils vraiment besoin d’un intermédiaire pour s’atteindre ?

Je crois cette idée fausse, pour deux raisons : l’une de caractère général, l’autre liée à la conception actuelle de la littérature. [….] Un écrivain ne tombe pas du ciel : il écrit à une certaine époque, dans un certain milieu, pour un certain public. Il est soumis à un conditionnement sociologique, économique, idéologique. En même temps, un écrivain vient après et à côté d’autres écrivains, les livres se répondent les uns aux autres à l’intérieur d’une histoire propre de la littérature qui s’ajoute à l’histoire tout court et qu’il est indispensable de connaître si l’on veut pénétrer complètement une oeuvre littéraire. Dégager ces médiations, situer une oeuvre par rapport à toutes ses coordonnées […] telle me paraît être la justification générale d’un enseignement de la littérature.

Bernard PINGAUD, L’enseignement de la littérature, 1969.

 Dans le 1er paragraphe, expression d’une opinion étrangère à celle de l’auteur : pronom indéfini « on » à valeur exclusive.

 Tonalité ironique des termes « parasites » et des deux interrogatives de la fin du 1er paragraphe : l’auteur ne les cautionne pas, il les reprend telles quelles pour les réfuter ensuite.

 Affirmation de la thèse de l’auteur : passage à la P1 – « Je crois cette idée fausse » ; « telle me paraît être ».

 Dans le 2nd paragraphe, valeur inclusive du pronom indéfini « on ».

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Texte 4 :

La fréquence des images de violence au cinéma et sur les écrans de télévision encourage les accès de violence intempestifs et, en même temps, augmente la peur de la violence, sans aider le spectateur à comprendre sa nature.

Bruno BETTELHEIM, Survivre, 1979.

 Réitération, prolifération (synonymes)

Texte 5 :

Aujourd’hui, plus que jamais, la civilisation est urbaine. Elle l’est jusqu’à l’asphyxie. Dans les fourmilières où se pressent, se gênent, s’écrasent des multitudes accrues, l’homme finit par être privé de l’espace et de l’indépendance nécessaires à la moindre joie.

Roger Caillois, Cases d’un échiquier, 1970

 Épanouissement (synonyme) / aliénation (antonyme)

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B) TRAVAIL SUR L’ANALYSE DU TEXTE ET LE SCHEMA ARGUMENTATIF

Exercice 1 :

1- Quelle information indispensable à la compréhension du texte titres et références apportent-ils ? (Il s’agit du jouet) 2- Étudier le système énonciatif mis en place. (présent de vérité générale, neutralité énonciative – 3e personne, notamment « On ». Texte qui se présente comme objectif.) 3- Relevez les connecteurs logiques utilisés ; proposez, pour chacun d'eux, un équivalent.

3- Quelle est l'idée essentielle développée dans chaque paragraphe ?

4- Reconstituez schématiquement le plan du texte.

ET LA TÉLÉ DANS TOUT ÇA ?

La télévision n'est pas le déclencheur absolu des demandes, tant s'en faut, ce qui fait tomber une idée reçue de plus sur ce média tellement craint, voire haï, de beaucoup d'adultes dès lors qu'il s'agit des enfants ...

En effet, quand on demande aux enfants de hiérarchiser les raisons qui leur donnent « le plus envie d'avoir un jouet » (avec une seule possibilité de réponse), on ne trouve pas la télé en première position.

En fait, le rôle de la télévision dans le processus d'achat est plus subtil qu'il n'y paraît. Elle est certes indispensable pour alerter les enfants sur la sortie d'un nouveau jouet, mais elle n'est pas suffisante car contrairement aux adultes qui se laissent souvent séduire et berner par des communications publicitaires, les enfants sont demandeurs de démonstration et de validation du produit. Or ils savent pertinemment qu'une publicité télévisée ne pourra pas les leur apporter, ils éprouvent donc le besoin d'aller vérifier de visu que le produit correspond bien à leurs attentes en termes de taille, de fonction ou de technicité. Rien ne vaut alors l'essai in vitro chez un copain et surtout le témoignage dudit copain : chacun sait aujourd'hui que la première préoccupation d'un enfant déçu par un produit est de prévenir son entourage pour leur éviter la même erreur... Qui de nous adultes, aurait le même réflexe et la même « humilité ».

Armelle Le Bigot-Macaux, « L'achat », Le Jouet, valeur et paradoxes d'un petit objet secret. Autrement, 1992.

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Proposition de corrigé

ET LA TÉLÉ DANS TOUT ÇA ?

La télévision n'est pas le déclencheur absolu des demandes, tant s'en faut, ce qui fait tomber une idée reçue de plus sur ce média tellement craint, voire haï, de beaucoup d'adultes dès lors qu'il s'agit des enfants ... (La télévision ne provoque pas la demande du jouet.) En effet, quand on demande aux enfants de hiérarchiser les raisons « qui leur donnent le plus envie » d'avoir un jouet (avec une seule possibilité de réponse), on ne trouve pas la télé en première position. (Elle n’est pas mentionnée en premier lorsque les enfants sont interrogés à ce propos.) En fait, le rôle de la télévision dans le processus d'achat est plus subtil qu'il n'y paraît. Elle est certes indispensable pour alerter les enfants sur la sortie d'un 'nouveau jouet, mais elle n'est pas suffisante ; car contrairement aux adultes qui se laissent souvent séduire et berner par des communications publicitaires, les enfants sont demandeurs de démonstration et de validation du produit. Or ils savent pertinemment qu'une publicité télévisée ne pourra pas les leur apporter, ils éprouvent donc le besoin d'aller vérifier de visu que le produit correspond bien à leurs attentes en termes de taille, de fonction ou de technicité. Rien ne vaut alors l'essai in vitro chez un copain et surtout le témoignage dudit copain : chacun sait aujourd'hui que la première préoccupation d'un enfant déçu par un produit est de prévenir son entourage pour leur éviter la même erreur... Qui de nous adultes, aurait le même réflexe et la même « humilité »? (Elle permet de les avertir de l’apparition d’un nouveau jouet. Toutefois, ils ont besoin d’essayer celui-ci ou d’en entendre parler par d’autres auparavant. Contrairement aux adultes, les enfants déçus par une nouvelle acquisition en avertissent leurs amis.)

Proposition de schéma argumentatif (question 5)

Thèse : la télévision n’est pas le motif essentiel du déclenchement de la demande d’achat de jouer chez l’enfant.

Argument 1 : La télévision n’est pas mentionnée en premier par les enfants interrogés à ce propos.

Argument 2 : Les enfants ont besoin de tester le jouet.

Argument 3 : Les enfants font confiance à leurs pairs dans le choix du jouet car l’avis de ces derniers est sincère contrairement à celui des adultes.

Exercice 2 :

1. Dégagez les différentes étapes du texte en vous appuyant sur le schéma suivant :

1er paragraphe

Constat initial :

Exemple :

2ème paragraphe

Prolongement de l'idée initiale :

Restriction :

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3ème paragraphe

Conséquence :

1ère cause à l'origine de cette conséquence :

2ème cause à l'origine de cette conséquence :

4ème paragraphe Conclusion (=2ème conséquence) :

"La mécanisation"

Il n'est pas nécessaire d'être diplômé de Harvard pour constater que les hommes sortent des usines, des bureaux ou des magasins à mesure qu'y entrent les machines. Il est déjà techniquement possible de placer un bloc de métal à l'embouchure d'une chaîne et de le voir sortir sous la forme d'une automobile, sans que l'homme y ait mis la main ou peu s'en faut.

Ce qui est réalisable pour l'automobile, l'est à peu près pour tout, du médicament au potage en sachet. Il n'y a guère que le convoyage des produits de base sur les lieux de production qui nécessite, pour le moment encore, l'intervention humaine des conducteurs de trains ou de camions.

A ce rythme-là, dans un délai que l'esprit peut concevoir tant il est aux dimensions de la vie humaine, le travail, et pas seulement dans les secteurs dits de production, va se raréfier puisque, semble-t-il, il n'est que la mécanisation pour protéger le profit, et qu'il est peu de domaines où la mécanisation ne puisse se glisser. Combien seront-ils, à terme, les privilégiés du travail ? Pas beaucoup. Pas assez.

Les phénomènes de dislocation sociale qui s'ensuivront tombent sous le sens.

(213 mots)

PHILIPPE BOUCHER, "Journal d'un amateur", Le Monde, janvier 1987

"La mécanisation"

Il n'est pas nécessaire d'être diplômé de Harvard pour constater que les hommes sortent des usines, des bureaux ou des magasins à mesure qu'y entrent les machines. Il est déjà techniquement possible de placer un bloc de métal à l'embouchure d'une chaîne et de le voir sortir sous la forme d'une automobile, sans que l'homme y ait mis la main ou peu s'en faut.

Ce qui est réalisable pour l'automobile, l'est à peu près pour tout, du médicament au potage en sachet. Il n'y a guère que le convoyage des produits de base sur les lieux de production qui nécessite, pour le moment encore, l'intervention humaine des conducteurs de trains ou de camions.

A ce rythme-là, dans un délai que l'esprit peut concevoir tant il est aux dimensions de la vie humaine, le travail, et pas seulement dans les secteurs dits de production, va se raréfier puisque, semble-t-il, il n'est que la mécanisation pour protéger le profit, et qu'il est peu de domaines où la mécanisation ne puisse se glisser. Combien seront-ils, à terme, les privilégiés du travail? Pas beaucoup. Pas assez.

Les phénomènes de dislocation sociale qui s'ensuivront tombent sous le sens.

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Proposition de corrigé :

1er paragraphe

Constat initial : Les machines remplacent les hommes

Exemple : Construction automobile

2ème paragraphe

Prolongement de l'idée initiale : La mécanisation touche presque tous les domaines

Restriction : Transports des matières premières

3ème paragraphe

Conséquence : Raréfaction du travail

1ère cause à l'origine de cette conséquence : Mécanisation=profit

2ème cause à l'origine de cette conséquence : Mécanisation=possible dans tous les domaines

4ème paragraphe

Conclusion (=2ème conséquence): Dislocation sociale

2. Résumez le texte (pensez à reformuler) en 53 mots (+ou-10%)

Dans le monde du travail, les robots prennent la place des humains et la mécanisation touche tous les secteurs à part celui des transports. On n'hésite pas à remplacer la main humaine par l'automate. Si cette pratique est aisée et rentable, elle crée du chômage. La mécanisation entraînera donc une désagrégation du tissu social. (54 mots)

Autres propositions d’exercices :

Dans cet esprit, on peut aussi proposer des exercices ponctuels, dans lesquels les élèves, disposant du texte, des arguments identifiés et reformulés, devraient les réorganiser en fonction du texte et surtout ajouter des liens logiques. On pourra exploiter à cette fin le mode « plan » d’un traitement de texte, ou des exerciseurs comme « Hot potatoes », présent dans la suite logicielle MCNL, pour réorganiser des segments de textes ou proposer des textes à trous.

On peut aussi envisager un exercice comportant l'identification de trois arguments d'un petit texte et proposer pour l'un de ces trois arguments trois propositions de reformulation dont deux seraient erronées (l'une par déformation de l'intensité des propos et l'autre par déformation du sens dans l'utilisation du lexique).

Pour le choix des synonymes, on pourra exploiter les ressources du site du CNRTL : https://www.cnrtl.fr/ .

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2. QUELQUES EXERCICES POUR APPROFONDIR LE TRAVAIL SUR L’ARGUMENTATION

A) DISTINGUER UN CONSTAT D’UNE THÈSE

La conception contemporaine du tourisme engendre des phénomènes assez semblables. Excellent dans son principe puisqu’il tend à mettre à la portée du plus grand nombre les richesses artistiques d’un pays, jusqu’aux plus reculées, naguère difficiles d’accès, sa pratique effective porte à en suspecter le bénéfice. Ne voit-on pas en effet le touriste motorisé, bien plus soucieux de sa moyenne que de la découverte des contrées traversées, butiner en hâte les trésors qui lui sont signalés ? Le voici parti pour « faire » les châteaux de la Loire, l’Alsace ou la Bourgogne. La préoccupation de la quantité prime tout. Fera-t-il tenir Chambord, Cheverny et Blois dans la matinée ? Déjeunera-t-il assez vite pour gagner ensuite Chaumont, Amboise et Chenonceaux ? Etc. Quel moyen pour ce malheureux de faire plus que vérifier d’un coup d’oeil la description de son guide et le nombre d’étoiles décernées à chaque site ? Bien plus, aux époques de grande affluence, il est devenu impossible à un voyageur attentif et curieux de visiter à loisir, en contemplant chaque chose comme elle le mérite, la plupart de nos monuments : force lui est de s’agréger à l’une des fournées que leurs conducteurs mènent à allure accélérée à travers salles et galeries, où il n’est pas question de s’attarder.

Jean GUICHARD-MEILI, Regarder la peinture, 1960.

 La préoccupation de la quantité prime tout : l’expression exprime au présent de vérité générale le constat d’une tendance contemporaine, non pas la pensée de l’auteur ; au contraire, celui-ci la déplore.

 Indices textuels : « faire les châteaux de la Loire » (reprise ironique d’une expression consacrée) ; « [faire] tenir Chambord, Cheverny et Blois dans la matinée » (raccourci métonymique produisant une image humoristique) ; « Déjeunera-t-il assez vite pour gagner ensuite Chaumont, Amboise et Chenonceaux ? » (tonalité burlesque de la question rhétorique) ; « ce malheureux » (désignation péjorative du touriste moderne).

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B) DISTINGUER LE THÈME DE LA THÈSE / REFORMULER LA THÈSE

La transcription cinématographique d’un roman impose brutalement au lecteur, et même à l’auteur, les incarnations pourtant très arbitraires qu’elle a choisies pour chacun des personnages ; ce n’est qu’avec le temps que le texte éliminera les visages trop précis que le film lui surimpose, et qui ne sont pas de sa substance. Comme elles sont fragiles, les défenses que la fiction écrite oppose à ces images substituées qui la violent – et combien leur résistance, pour s’organiser, a besoin d’abord, très largement, de céder du terrain ! Les droits de l’image cinématographique, par rapport au texte littéraire, sont à peu près ceux que la présence, qui ne laisse jamais proscrire ses droits immenses, exerce dans la vie aux dépens des irréels à la fois flous et tenaces que sont l’anticipation, le regret et le souvenir. Puis, une fois que le film s’est absenté, le peuple des mots, peu à peu, comme le travail d’une fourmilière, revient ronger et digérer les images péremptoires et périssables qui l’offusquaient. Je me souviens d’avoir vu au cinéma Le Rouge et le Noir et La Chartreuse de Parme. Dans ces deux adaptations jouait Gérard Philipe, et, pendant quelques semaines, bon gré mal gré, en dépit du génie stendhalien et de la médiocrité des films, son image vint se superposer au texte, inexpulsable. Puis une séparation peu à peu s’opéra.

Julien GRACQ, En lisant, en écrivant, 1980.

 Le thème : les adaptations cinématographiques des oeuvres littéraires.

 La thèse : L’adaptation cinématographique d’un livre bride l’imagination du spectateur, et il faut du temps pour parvenir ensuite à se dessaisir du film qu’on a vu.

 Énonciation : implication personnelle de l’auteur

o ponctuation expressive (« Comme elles sont fragiles, les défenses que la fiction écrite oppose à ces images […] ! ») ;

o expérience personnelle (« Je me souviens d’avoir vu au cinéma ») – visionnage des films Le Rouge et le Noir et La Chartreuse de Parme adaptés de romans de Stendhal ;

o jugement de valeur (« génie stendhalien » vs « médiocrité des films »).

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C) IDENTIFIER UNE RÉFUTATION

L’un des plus grands débats philosophiques de l’histoire a porté sur la question de la fin et des moyens. Et il s’est trouvé des gens pour prétendre que la fin justifie les moyens, que les moyens, au fond, sont sans importance, l’essentiel étant d’atteindre le but fixé.

C’est pourquoi, disent-ils, si vous cherchez à bâtir une société juste, l’important est d’aboutir, et les moyens n’importent guère. Choisissez n’importe quel moyen pourvu que vous atteigniez votre but : ils peuvent être violents, ils peuvent être malhonnêtes, ils peuvent même être injustes. Qu’importe, si le but est juste ! Oui, tout au long de l’histoire, il s’est trouvé des gens pour argumenter ainsi.

MARTIN LUTHER KING, Révolution non violente, 1964 (traduit de l’américain).

 Repérage des éléments d’énonciation indiquant que l’auteur n’assume pas personnellement les propos mentionnés : « il s’est trouvé des gens pour prétendre que » ; « c’est pourquoi, disent-ils » ; « tout au long de l’histoire, il s’est trouvé des gens pour argumenter ainsi ».

 Thèse réfutée par l’auteur : « la fin justifie les moyens, […] les moyens, au fond, sont sans importance, l’essentiel étant d’atteindre le but fixé. »

 Thèse défendue par l’auteur = antithèse implicite : la fin ne saurait justifier les moyens, tous les moyens ne sont pas bons pour atteindre un objectif parce que certains sont violents ou injustes.

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D) REPÉRER L’EXPRESSION D’UN PARADOXE

C'est une étrange chose que l'écriture. Il semblerait que son apparition n'eût pu manquer de déterminer des changements profonds dans les conditions d'existence de l'humanité ; et que ces transformations dussent être surtout de nature intellectuelle. La possession de l'écriture multiplie prodigieusement l'aptitude des hommes à préserver les connaissances. On la concevrait volontiers comme une mémoire artificielle, dont le développement devrait s'accompagner d'une meilleure conscience du passé, donc d'une plus grande capacité à organiser le présent et l'avenir. Après avoir éliminé tous les critères proposés pour distinguer la barbarie de la civilisation, on aimerait au moins retenir celui-là : peuples avec ou sans écriture, les uns capables de cumuler les acquisitions anciennes et progressant de plus en plus vite vers le but qu'ils se sont assigné, tandis que les autres, impuissants à retenir le passé au-delà de cette frange que la mémoire individuelle suffit à fixer, resteraient prisonniers d'une histoire fluctuante à laquelle manqueraient toujours une origine et la conscience durable du projet.

Pourtant, rien de ce que nous savons de l'écriture et de son rôle dans l'évolution ne justifie une telle conception. Une des phases les plus créatrices de l'histoire de l'humanité se place pendant l'avènement du néolithique, responsable de l'agriculture, de la domestication des animaux et d'autres arts. Pour y parvenir, il a fallu que, pendant des millénaires, de petites collectivités humaines observent, expérimentent et transmettent le fruit de leurs réflexions. Cette immense entreprise s'est déroulée avec une rigueur et une continuité attestées par le succès, alors que l'écriture était encore inconnue.

Claude Levi-Strauss, Tristes tropiques, 1955

 Reprise de la doxa (opinion commune ≠ thèse de l’auteur) :

o modalisation des idées énoncées au début de l’extrait par l’usage du conditionnel : « il semblerait que » ; « on la concevrait volontiers » ; « dont le développement devrait d’accompagner » ; « on aimerait au moins retenir celui-là » ; « une histoire fluctuante à laquelle manquerait ».

o le rôle de l’écriture dans l’évolution a été décisif car elle est une condition nécessaire de progrès pour les civilisations.

 Réfutation de la doxa = énoncé d’un paradoxe (thèse de l’auteur) :

o indice liminaire à valeur d’avertissement : « c’est une étrange chose que l’écriture » ;

o connecteur logique d’opposition : « pourtant » ;

o démenti catégorique : « rien de ce que nous savons de l'écriture et de son rôle dans l'évolution ne justifie une telle conception » ;

o contre-exemple : « une des phases les plus créatrices de l'histoire de l'humanité se place pendant l'avènement du néolithique […] alors que l'écriture était encore inconnue. »

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E) REPÉRER DES DICHOTOMIES

Celui qui court l’aventure espère d’elle une sorte de renaissance. En attendant de devenir autre, il a l’impression, le temps de l’épreuve, d’être un homme en marge, un hors-la-loi en puissance. L’équipage de la Santa Maria, – c’est un cas extrême – lancé sans espoir vers l’Ouest inconnu, était en partie composé de condamnés à mort, graciés pour la circonstance. La société se montre maternelle pour ceux qui doivent s’aventurer dangereusement, par ordre, pour le bien. Elle glorifie les aventuriers bienfaiteurs, les pionniers, les découvreurs de terres, d’eaux, de peuples, de secrets scientifiques, qui courent un danger afin de la servir. Aux autres, les risque-tout inutiles et nuisibles, pirates autrefois, aujourd’hui gangsters, elle réserve la prison, la potence. Mais dans l’un et l’autre cas, ces hommes, qu’ils finissent décorés ou pendus, sont placés dans des conditions de vie exceptionnelles, anormales. Les règles communes ne s’appliquent plus à eux. Irréguliers qui assument un rôle difficile, ils jouissent de privilèges antisociaux, anticonformistes, compensation pour le péril, nécessité imposée par l’incertitude de leur sort. Ou plutôt ils se les arrogent. Le négrier en terre d’Afrique emmenait de force la population des villages pour les vendre aux colons américains. Roger Vercel raconte les pittoresques et délictueux procédés qu’employait un chef de corps franc, en dehors des combats. Roger MATHÉ, L’aventure, « Prestige d’un mot », 1972.

 Dichotomie : les aventuriers qui servent la société ; ceux qui lui sont inutiles ou lui nuisent.

Puisque la culture commence, dit encore Arendt, avec l'attitude de désintéressement et de joie qui ne peut surgir que quand, « délivrés des nécessités de la vie, les hommes peuvent être libres pour le monde », c'est une dangereuse confusion qui nous pousse en effet à désigner du même mot de culture l'ensemble des oeuvres (patrimoine qu'il s'agit de gérer, ou de transmettre) et la culture comme procès (« se cultiver »). Car si la première peut s'accommoder du recours aux moyens modernes, techniques, de la transmission, de la diffusion, de la communication, et même le légitimer, il n'est pas sûr que ces mêmes moyens soient suffisants pour que s'accomplisse le procès de transformation qui fait d'un homme un homme « cultivé ». La technique peut rapprocher les oeuvres ; elle peut les mettre à notre portée : elle ne nous rapproche pas d'elles. Or, se cultiver, ce n'est pas mettre l'oeuvre en rapport avec notre faiblesse, notre fragilité, notre subjectivité, notre ignorance : c'est forcer notre faiblesse, notre fragilité, notre ignorance à s'ouvrir et à fondre devant la force de l'oeuvre. L'oeuvre doit se forcer son chemin, même contre nous. « Un livre, dit Kafka dans son Journal, doit être la hache qui brise en nous la mer gelée. »

Danielle SALLENAVE, Le don des morts, 1991.

 Dichotomie : d’une part la culture comme patrimoine, ensemble d’oeuvres et de savoirs ; d’autre part la culture comme processus qui permet à l’individu d’évoluer et de se révéler au contact des oeuvres.

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3. LE DÉBUT DU TRAVAIL DE RÉDUCTION

A) SUPPRIMER LES LONGUEURS ET RÉPÉTITIONS

Supprimez les répétitions présentes dans les extraits de copies suivants :

- La vitesse est un problème : elle peut tuer. C’est pourquoi la sécurité routière fait de la vitesse son fer de lance. Moins on roule vite sur les routes, moins la vitesse tue.

- À travers les libertés prises par l'auteur pour illustrer sa critique, cette caricature amène le lecteur à rire d'une situation réelle. Le rire amène ce même lecteur vers une critique des méthodes de la Justice, de la rigidité et des partis pris de cette Justice.

- Lorsqu'il est imposé par la société, l'ordre peut être ressenti comme une situation anormale. L'ordre peut être étouffant et néfaste lorsqu'il n'est pas compris. II peut être aussi une source de tension entre les individus.

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B) ABRÉGER UNE FORMULATION / REFORMULER LES EXPRESSIONS DU TEXTE

Exercice 1 : Remplacez les groupes de mots soulignés par un mot unique (substantif, adjectif, verbe, adverbe), par un terme englobant (hyperonyme), par un synonyme ou par un antonyme.

[…] Ce faux discours vrai n’a pas pour armature le courage singulier de celui qui est capable, comme pouvait le faire Périclès, de se retourner contre le peuple et de lui faire à son tour des reproches. Au lieu de ce courage, on va trouver des individus qui ne cherchent qu’une chose : assurer leur propre sécurité et leur propre succès par le plaisir qu’ils font à leurs auditeurs, en les flattant dans leurs sentiments et leurs opinions.

Michel FOUCAULT, Le courage de la vérité, 1983.

 démagogie (substantif).

Le délassement délivre de la fatigue. En ce sens, le loisir est réparateur des détériorations physiques et nerveuses provoquées par les tensions qui résultent des obligations quotidiennes et particulièrement du travail.

Joffre DUMAZEDIER, Vers une civilisation du loisir, 1962.

 réparateur des détériorations physiques et nerveuses : guérir (verbe).

 les tensions qui résultent des obligations quotidiennes et particulièrement du travail : surmenage (substantif).

Le gouvernement avait déclaré que c’était une mesure sur laquelle on ne reviendrait plus.

 irrévocable (adjectif).

Les mentalités de l’époque étaient habituées à établir une différence de droits entre les hommes et les femmes.

 discriminer (verbe).

Les jurés devaient se déterminer de la manière la plus objective pour exprimer leur intime conviction.

 impartialement (adverbe).

Nous possédons en nous toute une réserve de formules, de dénominations, de locutions, toutes prêtes, qui sont de pure imitation, qui nous délivrent du soin de penser et que nous avons tendance à prendre pour des solutions valables et appropriées.

Paul VALÉRY, Variété, 1924.

 expressions consacrées/expressions toutes faites (hyperonymes).

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L’avènement de l’audiovisuel ne change donc rien au fait qu’aujourd’hui comme hier nous nous trouvons confrontés au problème éternel de la formation des hommes, c’est-à-dire de l’acquisition d’une culture.

Gérard MONTASSIER, Le fait culturel, 1980.

 apparition (synonyme).

Exercice 2 : Repérez les mots répétés, puis réécrivez le texte sans ces répétitions (ou mots synonymes) et en resserrant ce paragraphe en une ligne.

Quel rôle pouvaient toutefois jouer ces répétitions ?

[..] et c’est parce qu’il l’aimait à l’adoration en ce moment, qu’il se jura de ne jamais lui dire qu’il l’aimait ; jamais il ne prononcerait auprès d’elle le mot d’amour, puisque la passion que l’on appelle ainsi était étrangère à son coeur. Dans l’enthousiasme de générosité qui faisait sa félicité en ce moment, il prit la résolution de lui tout dire à la première occasion : son coeur n’avait jamais connu l’amour.

STENDHAL, La Chartreuse de Parme, I, 8

Exercice 3 : Reformulez les passages soulignés dans le texte en supprimant les énumérations.

Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous continuerez Ia fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l’Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n’y aura plus d'autre champ de bataille que les marchés s'ouvrant au commerce et les esprits s'ouvrant aux idées. Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le véritable arbitrage d'un grand sénat souverain qui sera à l'Europe ce que le Parlement est à l'Angleterre, ce que la Diète est à l'Allemagne, ce que l'Assemblée législative est à la France.

Victor HUGO, Discours inaugural au Congrès de la Paix, Paris, 21 août 1849.

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C) SELECTIONNER LES EXEMPLES

Les textes d’idées comportent souvent des exemples. La question est de savoir s’il faut les conserver dans le résumé. Pour le déterminer, il faut examiner leur fonction :

- Illustrative : les exemples doivent être supprimés.

- Argumentative : les exemples doivent être conservés.

Dans le cas d’une énumération d’exemples, il faut exprimer l’idée globale qu’ils illustrent sans les reprendre tels quels.

Texte 1 :

La conception contemporaine du tourisme engendre des phénomènes assez semblables. Excellent dans son principe puisqu’il tend à mettre à la portée du plus grand nombre les richesses artistiques d’un pays, jusqu’aux plus reculées, naguère difficiles d’accès, sa pratique effective porte à en suspecter le bénéfice. Ne voit-on pas en effet le touriste motorisé, bien plus soucieux de sa moyenne que de la découverte des contrées traversées, butiner en hâte les trésors qui lui sont signalés ? Le voici parti pour « faire » les châteaux de la Loire, l’Alsace ou la Bourgogne. La préoccupation de la quantité prime tout. Fera-t-il tenir Chambord, Cheverny et Blois dans la matinée ? Déjeunera-t-il assez vite pour gagner ensuite Chaumont, Amboise et Chenonceaux ? Etc. Quel moyen pour ce malheureux de faire plus que vérifier d’un coup d’oeil la description de son guide et le nombre d’étoiles décernées à chaque site ? Bien plus, aux époques de grande affluence, il est devenu impossible à un voyageur attentif et curieux de visiter à loisir, en contemplant chaque chose comme elle le mérite, la plupart de nos monuments : force lui est de s’agréger à l’une des fournées que leurs conducteurs mènent à allure accélérée à travers salles et galeries, où il n’est pas question de s’attarder.

Jean GUICHARD-MEILI, Regarder la peinture, 1960.

 Repérage des exemples : les châteaux de la Loire, l’Alsace ou la Bourgogne ; Chambord, Cheverny et Blois ; Chaumont, Amboise et Chenonceaux.

 Fonction illustrative : à ne pas reprendre tels quels dans la contraction de texte.

 Idée globale : les trésors du patrimoine sont parcourus à la va-vite.

Texte 2 : Celui qui court l’aventure espère d’elle une sorte de renaissance. En attendant de devenir autre, il a l’impression, le temps de l’épreuve, d’être un homme en marge, un hors-la-loi en puissance. L’équipage de la Santa Maria, – c’est un cas extrême – lancé sans espoir vers l’Ouest inconnu, était en partie composé de condamnés à mort, graciés pour la circonstance. La société se montre maternelle pour ceux qui doivent s’aventurer dangereusement, par ordre, pour le bien. Elle glorifie les aventuriers bienfaiteurs, les pionniers, les découvreurs de terres, d’eaux, de peuples, de secrets scientifiques, qui courent un danger afin de la servir. Aux autres, les risque-tout inutiles et nuisibles, pirates autrefois, aujourd’hui gangsters, elle réserve la prison, la potence. Mais dans l’un et l’autre cas, ces hommes, qu’ils finissent décorés ou pendus, sont placés dans des conditions de vie exceptionnelles, anormales. Les règles communes ne s’appliquent plus à eux. Irréguliers qui assument un rôle difficile, ils jouissent de privilèges antisociaux, anticonformistes, compensation

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pour le péril, nécessité imposée par l’incertitude de leur sort. Ou plutôt ils se les arrogent. Le négrier en terre d’Afrique emmenait de force la population des villages pour les vendre aux colons américains. Roger Vercel raconte les pittoresques et délictueux procédés qu’employait un chef de corps franc, en dehors des combats. Roger MATHÉ, L’aventure, « Prestige d’un mot », 1972.

 Repérage des exemples : l’équipage de la Santa Maria ; pionniers, explorateurs, scientifiques, pirates, gangsters ; capitaine Conan (personnage éponyme du roman de Roger Vercel).

 Fonction illustrative : à ne pas reprendre tels quels dans la contraction de texte.

 Idée globale : l’aventure autorise tous les passe-droits à ceux qui la tentent.

Texte 3 :

Qu’est-ce que l’amour ? La tradition philosophique propose essentiellement deux réponses à cette question. Je passe rapidement sur la première, car elle me paraît la moins éclairante, mais il faut la mentionner. C’est la réponse de Platon, dans Le Banquet. L’amour est désir, explique Socrate, et le désir est manque : « Ce qu’on n’a pas, ce qu’on n’est pas, ce dont on manque, voilà les objets du désir et de l’amour. » J’ajouterais volontiers : et voilà pourquoi il n’y a pas d’amour heureux. Si l’amour est manque, et dans la mesure où il est manque, nous n’avons guère le choix qu’entre deux positions amoureuses, ou deux positions quant à l’amour. Soit nous aimons celui ou celle que nous n’avons pas, et nous souffrons de ce manque : c’est ce qu’on appelle un chagrin d’amour. Soit nous avons celui ou celle qui ne nous manque plus, puisque nous l’avons, que nous n’aimons donc plus, puisque l’amour est manque, et c’est ce qu’on appelle un couple. Si bien que la seule réfutation vraie du platonisme, ce sont les couples heureux. C’est pour ça que Platon est un si grand philosophe, la plupart des couples lui donnent raison. Mais il suffit, en bonne logique, d’un seul contre-exemple pour lui donner tort dans sa prétention à l’universel. Or les couples heureux, malgré tout, cela existe aussi… Il faut donc une autre définition, pour rendre compte des couples heureux, ou, pour dire la chose de façon plus réaliste, pour rendre du compte du fait que des couples, parfois, sont heureux. Cette deuxième définition, c’est celle que donne Aristote. Dans une phrase pure comme l’aube, Aristote écrit : « Aimer, c’est se réjouir », idée que reprendra Spinoza, quelque vingt siècles plus tard, en disant – et c’est la définition de l’amour que je préfère : « L’amour est une joie qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure ». Autrement dit, aimer c’est se réjouir de.

André COMTE-SPONVILLE, Qu’est-ce que l’amour ?, 2001.

 Structure de l’extrait : opposition Platon-Socrate vs Aristote-Spinoza par rapport à la définition de l’amour – ces exemples/références fondent l’argumentation de l’auteur.

 Fonction argumentative : ces exemples doivent être repris dans la contraction de texte.

 Les citations : ne pas les reprendre dans la contraction de texte mais en reformuler l’idée globale : La philosophie conçoit deux définitions de l'amour. Pour Platon, l'amour est désir, donc manque / et insatisfaction – c’est peut-être pourquoi il est souvent malheureux. Pour Aristote puis Spinoza, l'amour est au contraire réjouissance, car le désir est une puissance jouissive.

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4. LA RÉDACTION DE LA CONTRACTION

Exercice 1 : Reformulez en une phrase l'extrait suivant.

A vouloir être partout, le zappeur n'est plus nulle part. Pour lui, plus de spectacle en continu, mais une succession de fragments. Il ne regarde plus, il sonde. Il ne s'installe plus, il saute. À la durée, il préfère le va-et-vient ; à la fidélité, le vagabondage ; à la connaissance, les flashes. Ne voulant rien rater, il est de toutes les histoires et de tous les discours, mais sans y entrer vraiment, de sorte qu'il manque l'essentiel.

Bernard Pivot, Le Métier de lire, Éd. GaIliimard,1990

Exercice 2 : Procédez à la contraction du texte suivant.

Le phénomène de l'immédiateté, de l'instantanéité, est un des problèmes majeurs posés actuellement aussi bien aux stratèges politiques qu'aux stratèges militaires. Le temps réel l'emporte désormais sur l'espace réel [...]. Le primat du temps réel, de l'immédiateté, sur l'étendue est un fait accompli, et inaugural.

C'est ce que traduit, par exemple, une publicité pour téléphones cellulaires : « La Terre n'a jamais été aussi petite. » C'est un événement gravissime pour le rapport au monde et pour la vision du monde. Il y a trois murs : du son, de Ia chaleur et de la lumière. Les deux premiers ont été franchis. Le mur du son, c'est l'avion supersonique et hypersonique. Le mur de la chaleur, c'est la fusée qui permet d'exorbiter un homme et de le faire atterrir sur la Lune. Le troisième, le mur de la lumière, on ne le passe pas, on rentre dedans. C'est ce mur du temps auquel l'histoire est affrontée maintenant. Le fait d'avoir atteint le mur de la lumière, de la vitesse de la lumière, est un événement historique qui désoriente l'histoire et qui désoriente le rapport de l'être au monde. Si on ne souligne pas cela, on trompe et on désinforme les Citoyens. Il y a un fait majeur qui met en cause la géopolitique, la géostratégie, et bien évidemment la démocratie qui était liée à un lieu, à une cité. [...]. Toucher à distance, sentir à distance, c'est déplacer la perspective vers un domaine qui lui échappait : le contact, le télé-contact. Une désorientation fondamentale. Avec le développement des autoroutes de l'information, nous nous trouvons devant un phénomène nouveau : la désorientation. [...] Ce qui se prépare, c'est un trouble de la perception du réel; c'est un traumatisme. Et il faudrait s'intéresser à cet effet. Pourquoi ? Parce qu'on n'a jamais fait progresser une technique sans combattre sa négativité spécifique. Or la négativité spécifique des autoroutes de l'information est précisément cette désorientation de l'altérité, du rapport à l'autre et du rapport au monde.

PAUL VIRIUO, « Alerte dans le cyberespace ». Le Monde diplomatique, août 1995.

Proposition de corrigé :

La primauté de l’instant est une question politique et militaire. Le temps réel a aboli l’espace. Ceci transforme nos rapports au monde. Les murs du son et de la chaleur ont été franchis. Il nous faut entrer dans le troisième, celui de la vitesse de la lumière et du temps, ce qui est déstabilisant. C’est

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une nécessité citoyenne de le montrer. Il s’agit d’un fait majeur qui touche aux liens entre diplomatie, démocratie et espace. La distance transforme le contact et le désoriente. Il est essentiel d’analyser l’altération de la perception du réel qui en découle. De fait, il est nécessaire d’éliminer les mauvais aspects d’une technologie afin de l’améliorer. Le web transforme, en effet, notre relation à l’autre et au monde.

Exercice 3 : Répondez aux questions puis résumez ce texte en 90 mots ; une marge de 10% en +/- est tolérée.

Pour bien écrire, il faut posséder pleinement son sujet; il faut y réfléchir assez pour voir clairement l'ordre de ses pensées, et en formuler une suite, une chaîne continue, dont chaque point représente une idée ; et lorsqu'on aura pris la plume, il faudra la conduire successivement sur ce premier trait, sans lui permettre de s'en écarter, sans l'appuyer inégalement, sans lui donner d'autre mouvement que celui qui sera déterminé par l'espace qu'elle doit parcourir. C'est en cela que consiste la sévérité du style ; c'est aussi ce qui en fera l'unité et ce qui en réglera la rapidité ; et cela seul aussi suffira pour le rendre précis et simple, égal et clair, vif et suivi. A cette première règle, dictée par le génie, si l'on joint de la délicatesse et du goût, du scrupule sur le choix des expressions, de l'attention à ne nommer les choses que par les termes les plus généraux, le style aura de la noblesse. Si l'on y joint encore de la défiance pour son premier mouvement, du mépris pour tout ce qui n'est que brillant, et une répugnance constante pour l'équivoque et la plaisanterie, le style aura de la gravité, il aura même de la majesté. Enfin, si l'on écrit comme l'on pense, si l'on est convaincu de ce que l'on veut persuader, cette bonne foi avec soi-même, qui fait la bienséance pour les autres et la vérité du style, lui fera produire tout son effet, pourvu que cette persuasion intérieure ne se marque pas par un enthousiasme trop fort, et qu'il y ait partout plus de candeur que de confiance, plus de raison que de chaleur. Le ton n'est que la convenance du style à la nature du sujet : il ne doit jamais être forcé ; il naîtra naturellement du fond même de la chose.

BUFFON, Discours sur le style, 1753

Questions:

1) Soulignez les expressions ou les mots-clés de ce texte.

2) Encadrez les mots de liaison.

3) Quelles sont, selon Buffon, les grandes qualités que doit avoir le style d'un écrivain ?

4) Quels défauts majeurs doit-il éviter?

5) Quelle est le thème de ce texte ?

Proposition de corrigé :

Buffon développe les qualités de style dont doit faire preuve un grand écrivain et dénonce les défauts qu'il faut éviter.

Les qualités : la clarté, la netteté, la concision, le travail, l'austérité.

Les défauts : la pédanterie, la facilité, le faux brillant, la plaisanterie, l'enthousiasme.

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Pour écrire correctement, on doit connaître son sujet et faire un plan. En rédigeant, on devra suivre ce plan, fidèlement et sans digression afin de préserver l'unité et la clarté du texte. Un vocabulaire élégant, sans précisions techniques, donnera de la noblesse à l'ensemble. On devra également se défier de l'inspiration et de la facilité afin que le style soit sérieux et même imposant. Enfin l'éloquence naîtra de la sincérité, à condition toutefois d'éviter toute ardeur excessive, car le style doit être adapté aux idées dont il est l'expression naturelle. (90 mots)

Contributeurs de la ressource :

Cyril Chaouat, professeur en lycée et en CPGE

Fanny Fromental, professeure en lycée et en STS

Marie-Joseph Gaillard, professeure en lycée et en STS

Caroline Vauthrin, professeure en CPGE