L' agriculture traditionnelle au Cameroun : de grandes améliorations
Introduction
L’agriculture camerounaise a connu d’importantes transformations au fil des décennies, marquant une évolution progressive vers une modernisation partielle. Bien que ces changements restent limités par rapport aux standards internationaux, ils témoignent d’une dynamique de modernisation et d’adaptation aux besoins croissants de la population. Ce cours explore les principales améliorations dans l’agriculture traditionnelle camerounaise, notamment à travers l’outillage, les techniques culturales et l’introduction de nouvelles cultures.
I- La modernisation de l’outillage agricole
1- La création du CENEEMA et la mécanisation progressive
En 1974, le Centre National d’Étude et d’expérimentation du Machinisme Agricoles (CENEEMA) est créé pour promouvoir la mécanisation de l’agriculture. Son rôle consiste à :
- Adapter les machines agricoles aux conditions locales.
- Former les agriculteurs à leur utilisation.
- Introduire des équipements comme les tracteurs, moissonneuses, décortiqueuses d’arachides et pressoirs à huile de palme.
Bref, basculer l' agriculture Camerounaise dans l' utilisation des machines.
2- Le projet d’industrialisation agricole : l’usine de tracteurs d’Ebolowa
En 2011, le gouvernement camerounais lance un projet ambitieux : la construction d’une usine de montage de tracteurs à Ebolowa ayant pour objectifs :
- Réduire la dépendance aux importations de matériel agricole.
- Basculer vers une agriculture de deuxième génération, plus productive et mécanisée.
- Stimuler l’emploi local dans le secteur agro-industriel.
Dans les grandes plantations agricoles, les machines comme les tracteurs, les moissonneuses sont utilisés pour augmenter la production.
Cette modernisation de l’outillage s’accompagne aussi d’une évolution des techniques de production.
II- L’évolution des techniques culturales
1- Du brûlis et de la jachère à l’agriculture intensive
- Avant : Les techniques traditionnelles dominantes étaient la culture sur brûlis, le défrichage manuel et la jachère (repos des sols).
- Aujourd’hui :
L' utilisation croissante d’engrais chimiques pour booster les rendements.
- Recours aux pesticides pour lutter contre les parasites.
- Adoption de la traction animale (bœufs, ânes) dans certaines régions.
2- Innovations dans l’irrigation et la gestion des cultures
- Traitements phytosanitaires pour protéger les plantes.
- Systèmes d’irrigation modernes :
- Arrosage goutte-à-goutte (économie d’eau, meilleur rendement).
- Petits barrages pour l’irrigation en saison sèche.
- Labour mécanisé dans les grandes exploitations (notamment pour le coton, le cacao).
Ces progrès techniques s’accompagnent aussi d’une diversification des cultures.)
III- L’adoption de nouvelles cultures et semences améliorées
1- Le rôle de la recherche agronomique (IRAD et autres instituts)
L’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD) et d’autres organismes développent :
- Des semences améliorées (maïs, manioc, riz) plus résistantes et productives.
- Des variétés adaptées aux changements climatiques (sécheresse, inondations).
2- Passage des cultures de rente aux cultures vivrières
- Avant : Dominance des cultures d’exportation (cacao, café, coton).
- Aujourd’hui :
- La hausse de la demande alimentaire provoque le développement des cultures vivrières (maïs, riz, plantain, légumes).
- Diversification des cultures pour assurer la sécurité alimentaire (manioc, patate douce, maïs, sorgho, bananes, haricots...)
Conclusion
L’agriculture camerounaise, bien qu’encore marquée par des pratiques traditionnelles, connaît une modernisation progressive grâce à l’amélioration de l’outillage, des techniques culturales et des cultures. Ces avancées restent inégales selon les régions et les exploitations, mais elles témoignent d’une volonté d’adaptation face aux défis démographiques, économiques et climatiques. Pour aller plus loin, le Cameroun doit encore renforcer l’accès au crédit agricole, la formation des paysans et les infrastructures rurales afin d’achever sa transition vers une agriculture durable et compétitive.
Avez-vous bien lu ce cours ? Répondez aux suivantes :
1- Quel organisme a été créé en 1974 pour favoriser la mécanisation de l’agriculture camerounaise ?
a) IRAD
b) CENEEMA
c) MINADER
d) FAO
2- Quel était l’objectif principal du CENEEMA ?
a) Importer des tracteurs étrangers
b) Adapter et promouvoir les machines agricoles locales
c) Remplacer totalement l’agriculture traditionnelle
d) Exporter des produits agricoles
3- En 2011, quel projet ambitieux a été lancé par le gouvernement camerounais pour moderniser l’agriculture ?
a) Une usine d’engrais à Douala
b) Une usine de montage de tracteurs à Ebolowa
c) Un centre de formation agricole à Yaoundé
d) Un programme d’exportation massive de cacao
4- Parmi ces équipements, lequel n’est PAS utilisé dans l’agriculture camerounaise moderne ?
a) Moissonneuse
b) Décortiqueuse d’arachides
c) Charrue en bois traditionnelle
d) Pressoir à huile de palme
5- Quelle technique agricole traditionnelle est progressivement abandonnée ?
a) L’irrigation goutte-à-goutte
b) La culture sur brûlis
c) L’usage des engrais chimiques
d) La mécanisation
6- Quel est l’avantage principal de l’arrosage goutte-à-goutte ?
a) Il nécessite moins d’eau
b) Il est plus rapide que l’irrigation classique
c) Il est moins cher à installer
d) Il ne nécessite aucun entretien
7- Quel institut est responsable de la recherche sur les semences améliorées au Cameroun ?
a) CENEEMA
b) IRAD
c) MINADER
d) PNUD
8- Pourquoi les cultures vivrières prennent-elles de l’importance au Cameroun ?
a) À cause de la baisse des prix du cacao
b) Pour répondre à la demande croissante en nourriture
c) Parce que les engrais sont trop chers
d) À cause de l’interdiction des cultures de rente
9- Quel changement majeur observe-t-on dans les techniques culturales ?
a) L’abandon total des pesticides
b) Le passage de la jachère à l’utilisation d’engrais chimiques
c) Le retour exclusif à l’agriculture sur brûlis
d) La fin de la traction animale
10- Quel est un défi persistant pour l’agriculture camerounaise malgré les améliorations ?
a) Le manque de terres cultivables
b) L’accès limité au crédit agricole
c) La surproduction de cacao
d) L’absence totale de mécanisation
Réponses aux questions :
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