Liban : le désarmement du Hezbollah ne suffira pas à construire une paix durable

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L'idée de remplacer la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) par une mission de l'Union européenne traduit une inquiétude réelle : celle de voir le sud du Liban replonger dans un cycle de confrontations armées. Mais une question demeure. Une nouvelle force internationale peut-elle résoudre un conflit dont les causes sont avant tout politiques ? 

Limiter le débat au seul désarmement du Hezbollah revient à traiter les conséquences plutôt que les causes. Depuis plusieurs décennies, le conflit entre Israël et ses voisins ne se réduit pas à une confrontation militaire. Il est lié à des différends territoriaux, à des questions de sécurité, au sort des populations déplacées et à l'absence d'un règlement politique accepté par l'ensemble des parties. Dans ce contexte, demander le désarmement d'un acteur sans parvenir simultanément à instaurer des garanties de sécurité et à traiter les contentieux territoriaux risque de laisser subsister les conditions qui alimentent les affrontements. Une paix durable suppose des négociations capables d'aborder les questions de fond : les frontières, les territoires disputés, les garanties de sécurité pour tous les États et toutes les populations concernées, ainsi que le respect du droit international. Tant que ces questions resteront sans réponse, chaque cessez-le-feu risque de n'être qu'une pause avant une nouvelle escalade.

La sécurité ne peut être durable lorsqu'elle repose uniquement sur l'équilibre militaire. Elle doit également s'appuyer sur la justice, le dialogue et des institutions capables de faire respecter les accords conclus. Cela implique aussi une application cohérente du droit international. Les violations commises par les États comme par les groupes armés devraient faire l'objet d'enquêtes indépendantes et, lorsqu'elles sont établies, de sanctions appropriées. Une justice sélective nourrit le sentiment d'injustice et entretient les cycles de violence. Les puissances internationales portent également une responsabilité. Trop souvent, les médiations sont perçues comme favorisant un camp plutôt qu'un autre. Une paix crédible exige des négociations où toutes les parties disposent de garanties suffisantes pour s'engager durablement.

Le Liban, déjà confronté à une crise économique profonde, ne peut supporter indéfiniment que son territoire serve de théâtre à des affrontements régionaux. Les populations civiles paient le prix le plus lourd, tandis que les destructions retardent encore le redressement du pays. Une mission européenne, si elle voit le jour, pourrait contribuer à la stabilité en soutenant les institutions libanaises. Mais elle ne remplacera jamais un véritable règlement politique. Sans accord sur les causes profondes du conflit, aucune force internationale, qu'elle soit onusienne ou européenne, ne pourra garantir à elle seule une paix durable.


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