Les institutions de protection des droits de l'homme

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Introduction

Les droits de l’homme sont les libertés et les droits fondamentaux reconnus à tout être humain sans discrimination. Leur respect garantit la dignité, l’égalité et la liberté des individus. Cependant, ces droits sont parfois violés. Pour les promouvoir et les protéger, des institutions et des organisations interviennent aux niveaux national et international.

I. Les institutions internationales

Les institutions et organisations internationales contribuent à la protection des droits de l’homme à travers la surveillance, la sensibilisation, l’assistance humanitaire et la répression de certains crimes.

1. L’Organisation des Nations unies (ONU)

Fondée le 24 octobre 1945, l’ONU est une organisation internationale qui œuvre notamment pour la paix, la sécurité et le respect des droits de l’homme. Deux de ses structures jouent un rôle important dans ce domaine :
- Le Conseil des droits de l’homme : il examine les situations relatives aux droits de l’homme dans le monde, enquête sur certaines violations dans le cadre de ses mécanismes et formule des recommandations aux États.
- Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) : il promeut et protège les droits humains, surveille leur respect et apporte une assistance technique aux États.

2. Les organisations humanitaires et les ONG internationales

Ces organisations contribuent à la protection des personnes, à la défense des libertés et à la dénonciation des violations des droits humains.

a) Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR)

Fondé en 1863, le CICR est une organisation humanitaire indépendante qui protège et assiste les victimes des conflits armés. Il intervient notamment auprès des blessés, des prisonniers de guerre et des populations civiles. Son action repose principalement sur le droit international humanitaire, notamment les Conventions de Genève.

b) Amnesty International (AI)

Créée en 1961, Amnesty International est une organisation non gouvernementale qui défend les droits de l’homme à l’échelle mondiale. Elle mène des enquêtes, publie des rapports et organise des campagnes contre la torture, la peine de mort et les détentions arbitraires. Elle milite également pour la libération des prisonniers de conscience.

c) Médecins Sans Frontières (MSF)

Fondée en 1971, Médecins Sans Frontières est une organisation humanitaire qui apporte des soins médicaux aux populations touchées par les conflits armés, les épidémies et les catastrophes. Elle peut également dénoncer les violences et les situations qui mettent en danger la vie et la santé des populations.

3. Les juridictions pénales internationales

Les juridictions pénales internationales sont chargées de juger les personnes accusées de certains crimes graves relevant de leur compétence.

a) Les tribunaux pénaux internationaux

Ce sont des tribunaux temporaires créés pour juger les responsables de crimes commis dans des situations particulières. On peut citer :
Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), créé en 1993 ;
Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), créé en 1994.
Ces deux tribunaux ont été créés par le Conseil de sécurité des Nations unies pour poursuivre les responsables de crimes graves commis dans les territoires concernés.

b) La Cour pénale internationale (CPI)

Créée par le Statut de Rome adopté en 1998 et entrée en fonction en 2002, la CPI est une juridiction pénale internationale permanente. Elle est compétente pour juger les personnes accusées de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et, sous certaines conditions, de crime d’agression. Contrairement aux tribunaux pénaux internationaux, la CPI est permanente. Elle juge des personnes physiques et non des États. Elle intervient selon les conditions de compétence et de recevabilité prévues par le Statut de Rome, notamment lorsque les juridictions nationales compétentes ne mènent pas véritablement les procédures nécessaires.

II. Les institutions nationales : le cas du Cameroun

Au niveau national, des institutions publiques indépendantes et des organisations de la société civile contribuent à la promotion et à la protection des droits de l’homme.

1. La Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC)

La Commission des droits de l’homme du Cameroun est une institution nationale indépendante chargée de promouvoir et de protéger les droits de l’homme. Elle a notamment pour missions de sensibiliser les populations aux droits de l’homme, de mener des investigations sur les violations présumées des droits humains, de recevoir et d’examiner les plaintes relevant de sa compétence, de formuler des recommandations aux autorités compétentes. La Commission actuelle s’inscrit dans l’évolution institutionnelle de l’ancienne Commission nationale des droits de l’homme et des libertés, créée en 1990. Son cadre juridique a notamment été réorganisé par la loi n° 2019/014 du 19 juillet 2019.

2. Les organisations non gouvernementales (ONG)

Les ONG sont des organisations indépendantes des pouvoirs publics qui interviennent dans différents domaines, notamment la défense des droits de l’homme. Au Cameroun, certaines ONG contribuent à la sensibilisation des populations, à la documentation des violations, à l'assistance aux victimes et à la défense des libertés. On peut citer :
- Le Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale (CREDHAC) : il contribue à la promotion des droits humains et de la démocratie en Afrique centrale.
- Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) : il soutient les défenseurs des droits humains et contribue à la protection de leurs activités. Contrairement aux juridictions, les ONG ne prononcent pas de condamnations judiciaires. Elles agissent notamment par la sensibilisation, les enquêtes, les rapports, l'accompagnement des victimes et le plaidoyer.

Conclusion

La protection des droits de l’homme repose sur l’action complémentaire de plusieurs acteurs nationaux et internationaux. L’ONU contribue à la promotion des droits humains, les organisations humanitaires assistent les populations vulnérables, les ONG dénoncent les violations et les juridictions pénales internationales jugent certains crimes graves. Au Cameroun, la Commission des droits de l’homme du Cameroun et les ONG participent également à cette protection.

Avez-vous bien lu ce cours ? Répondez aux QCM suivantes :

1. Les droits de l’homme sont :
A. Des privilèges réservés aux dirigeants
B. Des libertés et des droits fondamentaux reconnus à tout être humain
C. Des avantages réservés aux citoyens les plus riches

2. Le respect des droits de l’homme garantit notamment :
A. La domination d’un peuple par un autre
B. L’inégalité entre les citoyens
C. La dignité, l’égalité et la liberté des individus

3. Les institutions de protection des droits de l’homme interviennent :
A. Aux niveaux national et international
B. Uniquement dans les établissements scolaires
C. Exclusivement dans les pays en guerre

4. L’Organisation des Nations unies a été fondée le :
A. 10 décembre 1948
B. 24 octobre 1945
C. 27 juin 1981

5. L’un des principaux objectifs de l’ONU est de promouvoir :
A. La domination des grandes puissances
B. Les conflits entre les nations
C. La paix, la sécurité et le respect des droits de l’homme

6. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a notamment pour mission de :
A. Examiner les situations relatives aux droits de l’homme et formuler des recommandations
B. Organiser les élections dans tous les pays du monde
C. Condamner directement tous les États qui violent les droits de l’homme

7. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme est couramment désigné par le sigle :
A. CICR
B. HCDH
C. CPI

8. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme contribue notamment à :
A. Organiser les compétitions sportives internationales
B. Juger tous les criminels du monde
C. Promouvoir et protéger les droits humains et apporter une assistance technique aux États

9. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été fondé en :
A. 1863
B. 1945
C. 1971

10. La mission principale du CICR est de :
A. Organiser les élections présidentielles
B. Protéger et assister les victimes des conflits armés
C. Juger les auteurs de crimes de guerre

11. L’action du CICR repose principalement sur :
A. Le droit commercial international
B. Le droit électoral
C. Le droit international humanitaire

12. Amnesty International a été créée en :
A. 1961
B. 1971
C. 1990

13. Laquelle des actions suivantes correspond à Amnesty International ?
A. Organiser les procès devant la Cour pénale internationale
B. Mener des enquêtes et des campagnes contre les violations des droits humains
C. Administrer les hôpitaux publics dans tous les pays

14. Amnesty International milite notamment contre :
A. La liberté de conscience
B. Le droit à l’éducation
C. La torture et les détentions arbitraires

15. Médecins Sans Frontières (MSF) a été fondée en :
A. 1971
B. 1863
C. 1998

16. La mission principale de Médecins Sans Frontières est de :
A. Rédiger les constitutions des États
B. Apporter des soins médicaux aux populations en détresse
C. Juger les auteurs de crimes contre l’humanité

17. Les juridictions pénales internationales ont notamment pour mission de :
A. Organiser les campagnes électorales
B. Construire des établissements scolaires
C. Juger les personnes accusées de certains crimes graves relevant de leur compétence

18. Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a été créé en :
A. 1993
B. 1994
C. 2002

19. Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a été créé en :
A. 1990
B. 1994
C. 1998

20. Les tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda ont été créés par :
A. Amnesty International
B. Médecins Sans Frontières
C. Le Conseil de sécurité des Nations unies

21. La Cour pénale internationale (CPI) est entrée en fonction en :
A. 2002
B. 1993
C. 1945

22. La Cour pénale internationale est une juridiction :
A. Nationale et temporaire
B. Internationale et permanente
C. Humanitaire et médicale

23. La CPI est compétente pour juger les personnes accusées notamment de :
A. Vol simple et d’infractions routières
B. Fraude commerciale ordinaire uniquement
C. Génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre

24. Contrairement aux États, la CPI juge :
A. Des personnes physiques
B. Des territoires

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