La chute de Maduro : l’AES comme prochaine cible

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L’histoire ne progresse pas par les discours moraux, mais par le rapport de force. Ceux qui l’oublient sont écrasés. Ceux qui s’en souviennent survivent. L’Occident impérialiste, après sa défaite stratégique en Ukraine, est entré dans une nouvelle phase : la phase de reconquête brutale des ressources mondiales. La guerre en Ukraine n’était pas une guerre pour la démocratie. C’était une guerre pour l’hégémonie. Les puissances occidentales y ont englouti des sommes colossales dans l’espoir d’affaiblir la Russie, de la fragmenter, puis de se tourner vers la Chine. Elles ont échoué. La Russie a tenu. L’Occident a perdu de l’argent, du prestige et surtout l’illusion de son invincibilité. Un empire affaibli ne se réforme pas. Il pille.

De la défaite ukrainienne à la guerre mondiale des ressources

Ruiné par la guerre, concurrencé par les BRICS, encerclé par des économies émergentes, l’Occident a tiré une conclusion simple : qui contrôle l’énergie contrôle l’avenir. Il faut donc s’emparer des sources d’énergie, non pour se développer, mais pour priver les autres de développement. Dans ce jeu brutal, deux territoires souverains faisaient obstacle, deux territoires trop riches, deux territoires trop autonomes, deux territoires trop nationalistes. Ils devaient tomber.

Le Venezuela : le premier verrou à faire sauter

Le Venezuela est un scandale pour l’impérialisme, un pays immensément riche en pétrole qui refuse de le brader, un État qui veut utiliser ses ressources pour son peuple. Un président qui a compris que la souveraineté énergétique est la base de toute souveraineté politique. C’était inacceptable. Depuis des années, les États-Unis mènent contre le Venezuela une guerre multiforme : sanctions, sabotage économique, isolement diplomatique, tentatives de coup d’État, reconnaissance de présidents fantômes, menaces judiciaires internationales. Toutes ces mesures ont échoué à faire plier Nicolas Maduro. Les États-Unis ont été obligés de se déployer eux-mêmes sur terrain. Ils ont mobilisé leurs soldats, ont agressé un État souverain et arrêté son président. Le message est clair : le droit international ne protège personne, la force fait loi. Hier, Saddam Hussein a été pendu. Hier, l’Afghanistan a été détruit. Hier, la Libye a été pulvérisée pour ne citer ces cas, toujours au nom du bien, toujours contre le droit. Ceux qui attendent l’ONU ou Dieu pour les sauver n’ont rien compris à l’histoire. Il n’y a pas de justice dans les relations internationales. Il n’y a que des prédateurs et des proies.

Après le Venezuela, l’AES

La chute du Venezuela offre aux États-Unis d'Amérique de gigantesques puits de pétrole. Le but est atteint. Un peuple a été privé de ses ressources, et les Etats-Unis vont pouvoir supporter une partie des dépenses consenties en Ukraine contre la Russie. C'est une agression au sens strict du terme, la loi du plus fort. 

La suite est déjà écrite. L’AES est la prochaine cible. Pourquoi ? 

Parce qu’elle est trop nationaliste. Parce qu’elle est trop riche. Parce qu’elle a osé dire non. Le Sahel concentre aujourd’hui ce que l’impérialisme ne supporte plus : des États qui veulent contrôler leur or, leur pétrole, leur uranium, leur armée, leur diplomatie. Des États qui refusent d’être des réservoirs gratuits pour les multinationales occidentales. C’est cela que Ibrahim Traoré a appelé l’“hiver noir”. Un hiver qui ne sera pas immédiat. Un hiver qui se prépare. Un hiver qui viendra quand l’Occident aura fini de se repositionner après le Venezuela. 

Se préparer comme Nkrumah, pas comme des victimes

Kwame Nkrumah l’avait compris dès 1957 : l’indépendance isolée est une illusion. Le Ghana n’était fort que s’il soutenait les autres luttes anticolonialistes, construisait des alliances et préparait son peuple idéologiquement et matériellement. L’AES doit faire de même. Il doit renforcer ses alliances internationales, structurer des mouvements anticolonialistes sur tout le continent, préparer psychologiquement et militairement les peuples. Pourquoi ne pas instaurer un service militaire obligatoire ou volontaire, non pour glorifier la guerre, mais pour se préparer à la défense collective ? Un peuple non préparé est une proie. 

L’affrontement est inévitable. La seule question est : qui sera prêt ?

Même si l’AES tombe, la lutte ne doit pas mourir. L’erreur historique serait de croire que tout repose sur des hommes ou des régimes. Les régimes passent, les contradictions demeurent. Si l’AES devait tomber, le combat ne doit pas s’arrêter. Il ne sera pas porté par des activistes isolés ou des slogans, mais par des mouvements anticoloniaux organisés, structurés, disciplinés, enracinés dans les masses. C’est ainsi que raisonne l’histoire. C’est ainsi que raisonne le matérialisme. L’impérialisme ne s’effondre pas sous les prières. Il recule face à des peuples conscients, organisés et prêts. Le Venezuela est un avertissement, l’AES est l’enjeu, l’humanité est le champ de bataille. Et ceux qui refusent de voir la guerre qui vient la subiront sans y être préparés.