Le scandale Hitler : quand la violence impérialiste s’est retournée contre l’Europe

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Dans l’imaginaire occidental, il n’existe pas de figure plus haïe qu’Adolf Hitler. Plus que tous les tyrans, plus que tous les dictateurs, plus que tous les criminels coloniaux réunis. À part Satan, aucun nom ne concentre autant de répulsion morale. Cette haine n’est pas seulement éthique. Elle est historique, politique et raciale. Hitler n’est pas haï parce qu’il a inventé la violence de masse. Il est haï parce qu’il l’a appliquée au cœur même de l’Europe blanche. 

Hitler, produit monstrueux de l’impérialisme européen

Le nazisme n’est pas tombé du ciel. Il est un produit interne du capitalisme impérialiste en crise. Hitler a été soutenu, financé, toléré par une partie du bloc occidental tant qu’il remplissait une fonction précise : écraser le mouvement communiste en Europe. Lénine l’avait annoncé : quand le capitalisme est menacé, il engendre le fascisme comme arme de dernier recours. Mais une fois consolidé, Hitler ne s’est pas contenté d’être un chien de garde. Il a voulu renégocier par la force le partage du monde entre puissances blanches. Il ne remettait pas en cause la domination blanche sur le monde ; il voulait en changer la hiérarchie interne. C’est là que commence sa rupture avec l’Occident.

Le crime impardonnable : affaiblir l’Europe impériale

La Seconde Guerre mondiale n’a pas seulement détruit l’Allemagne. Elle a épuisé toutes les puissances coloniales européennes. France, Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas : toutes sortent ruinées, affaiblies, dépendantes. C’est cet affaiblissement qui ouvre une brèche historique : les luttes de libération nationale en Afrique, en Asie, dans les Caraïbes. Plus d’un milliard d’êtres humains arrachent leur indépendance. Mais même si ce n’est pas Hitler qui libère les peuples colonisés, en affaiblissant les puissances coloniales occidentales, il donne la possibilité aux peuples dominés de se libérer. Ce sont les luttes des peuples colonisés, rendues possibles par l’affaiblissement du centre impérial qui libèrent le monde de la domination européenne.

Le tabou occidental : la comparaison des violences

Pourquoi Hitler est-il considéré comme le mal absolu, alors que le génocide des peuples autochtones d’Amérique a permis la naissance des États-Unis, la traite négrière a duré des siècles, les famines coloniales ont tué des millions, les guerres impérialistes ont ravagé des continents entiers ? Parce que ces crimes ont été commis contre des peuples non blancs. Hitler, lui, a appliqué une logique de déshumanisation, de camps, de travail forcé et d’extermination à l’intérieur de l’Europe, contre des populations considérées comme blanches, notamment les Juifs européens. Le scandale n’est pas la méthode. La méthode était déjà connue. Le scandale est la cible.

Pourquoi l’argument utilitariste est une impasse

Certains invoquent l’utilitarisme : juger un acte à ses conséquences. Mais cette logique, poussée jusqu’au bout, détruit toute morale émancipatrice. Si l’on justifie Hitler par les indépendances qui ont suivi la guerre, alors on justifie les génocides s’ils produisent un “bien” ultérieur, on nie la dignité intrinsèque des victimes, on adopte exactement la morale cynique de l’impérialisme. Le marxisme ne justifie pas les crimes par leurs effets. Il explique les effets sans absoudre les crimes. Hitler reste un criminel, même si par sa violence il a ouvert la brèche à la libération des peuples colonisés. L’impérialisme colonial reste criminel. Les deux peuvent être vrais en même temps.

Conclusion : démasquer l’hypocrisie sans blanchir le fascisme

Le rôle d’une gauche sérieuse n’est ni de sacraliser l’histoire occidentale, ni de réhabiliter le fascisme par provocation. Il est de montrer que l’Occident condamne chez Hitler ce qu’il a pratiqué ailleurs, et qu’il refuse toute symétrie parce qu’elle menace son récit moral. Démasquer cette hypocrisie est nécessaire. Blanchir Hitler serait une trahison historique. Le fascisme n’est pas l’ennemi de l’impérialisme, il en est son enfant monstrueux. Et quand cet enfant a failli détruire la maison, le père l’a abattu, non par morale, mais par survie. C’est cela, la vérité matérialiste de l’histoire.