Comprendre ceux qui nous dirigent : pour en finir avec l’illusion camerounaise
Il est temps de mettre fin aux faux étonnements. Il est temps de cesser de faire semblant de ne pas comprendre. Quand le gouvernement camerounais affame, réprime, humilie, détourne, détruit, il n’échoue pas. Il réussit. Il accomplit exactement la mission pour laquelle il a été installé. Le problème du Cameroun n’est ni la corruption, ni la mauvaise gouvernance, ni même l’incompétence. Ces mots servent à masquer la vérité fondamentale : l’État camerounais est un appareil ennemi, conçu contre le peuple camerounais et au service d’intérêts impérialistes étrangers.
Une indépendance perdue, un État imposé
Le Cameroun n’a pas accédé à l’indépendance. Il a subi une défaite historique. La guerre de libération nationale menée par l’UPC et les forces révolutionnaires a été écrasée par la France coloniale, avec une violence rarement reconnue mais massivement documentée. La conséquence fut claire : la France a fabriqué un État-client, une structure administrative, militaire et politique chargée d’empêcher toute résurgence révolutionnaire. Ahmadou Ahidjo n’a jamais été un président national ; il fut un proconsul indigène, chargé de pacifier le territoire au profit de la métropole. Sa mission était de tuer la révolution, physiquement et idéologiquement. Lorsqu’il a montré les premiers signes d’autonomie, il a été écarté. L’impérialisme ne tolère pas les serviteurs hésitants.
Paul Biya : le gestionnaire de la défaite
Paul Biya n’est pas une dérive. Il est la forme achevée du pouvoir néocolonial : un pouvoir froid, sans projet national, sans peuple, sans horizon, dont la seule fonction est la gestion de la soumission. Il ne gouverne pas mal. Il gouverne contre nous, contre le peuple, contre l’organisation populaire, contre l’industrialisation, contre l’autonomie économique, contre la conscience politique. Et là il réussit très bien la mission qui lui a été confiée par la France. Un ennemi ne développe pas le pays qu’il occupe. Il l’épuise. Il le vide. Il le rend dépendant. C’est exactement ce qui se passe. Ceux qui continuent à attendre de Paul Biya des réformes sont comparables à des prisonniers qui demandent à leur geôlier d’élargir les chaînes.
La farce électorale et la fausse opposition
La scène politique camerounaise est une mise en scène coloniale. On y débat de personnes, jamais de structures. On y critique Biya, jamais la France. On y promet l’“alternance”, jamais la rupture. Aucun des acteurs politiques les plus en vue sur la scène nationale n’est prêt à remettre en cause la mainmise française sur l’économie, la monnaie, l’armée, la diplomatie. Ils ne se battent pas pour libérer le Cameroun, mais pour hériter de l’appareil de domination. Ils se battent pour remplacer Paul Biya dans son rôle. Le futur président, s’il sort de ce cadre, sera nécessairement un autre gestionnaire du même ordre. L’histoire est formelle : on ne change pas un système impérialiste par les urnes qu’il contrôle.
Ce que le peuple refuse de voir
La tragédie camerounaise est aussi une tragédie de la conscience. Une partie du peuple préfère fuir plutôt que lutter, préférer l’exil à l’organisation, préférer la plainte à la discipline. Mais il n’existe pas de nation forte sans peuple combatif. Les pays qui offrent aujourd’hui refuge aux Camerounais ne sont pas devenus prospères par la prière ou la patience, mais par des luttes dures, souvent sanglantes, contre leurs propres classes dominantes et leurs ennemis extérieurs.
La seule issue : l’avant-garde révolutionnaire
Sans organisation révolutionnaire, pas de révolution. Le Cameroun n’a pas besoin d’un homme providentiel. Il a besoin d’une avant-garde structurée, enracinée dans les masses, idéologiquement claire, prête à affronter l’impérialisme et ses relais locaux. Cette avant-garde ne se décrète pas. Elle se forge dans la formation politique, dans la discipline, fans le sacrifice, dans la rupture totale avec les illusions coloniales.
La LIMARA : la continuité de la lutte
La LIMARA s’inscrit dans cette nécessité historique. Elle ne promet pas le confort, mais la libération. Elle ne flatte pas, elle éduque. Elle ne mendie pas, elle construit. Chaque jour, des hommes et des femmes conscients posent les bases matérielles et idéologiques d’un Cameroun souverain. L’histoire ne retient pas les hésitants. Elle retient ceux qui comprennent leur époque et agissent en conséquence. La victoire n’est pas une option morale, elle est une obligation historique. Et elle sera arrachée par un peuple conscient, organisé et déterminé, guidé par un parti politique d'avant-garde lui aussi conscient et déterminé.




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